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Le vent nous portera - georgie

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⊰ PARCHEMINS : 234
⊰ INSCRIPTION : 12/10/2010
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MessageSujet: Le vent nous portera - georgie Dim 17 Oct - 1:37

L’espace d’un instant, Marlon se demanda si, à tout hasard, il n’était pas complètement abruti. Les multiples coups à la tête qu’il avait pris durant des années même avec un casque n’étaient-ils pas à l’origine d’une certaine dégénérescence nerveuse qui l’aurait poussée à se conduire comme le dernier des consanguins ? Dieu qu’il haïssait les mœurs qui en poussaient certains à épouser les membres de leur famille. Il avait été des plus déçus d’apprendre que la couronne de plusieurs pays avait longtemps forcés les héritiers du pouvoir à jeter leur dévolu sur on ne sait quelle parenté. Sans doute parce ses propres cousines étaient, il en était sûr, déjà bien avancées dans le chemin de la consanguinité. Sa famille du côté maternel lui avait toujours semblée un peu dégénérée.

Du côté paternel aussi, en fait.

Etait-il devenu l’un d’eux pour avoir laissé Georgie l’entraîner dans un plan foireux ? Elle l’avait intercepté à la fin des cours, lui avait déclaré qu’elle avait quelque chose de très intéressant à lui montrer, après avoir demandé s’il avait faim. Quelle question. Il avait toujours faim. C’est quand elle lui annonça qu’il fallait se cacher les yeux parce qu’elle avait une surprise à lui faire qu’il commença à déchanter. Elle n’allait pas lui faire traverser le château privé de la vue, hein ? Si. Il avait hésité un moment. Sans lui adresser la parole, sans lui faire part du moindre de ses doutes. Privé de la vue, c’est quelque chose qui ne lui plaisait pas. Cela voulait dire qu’elle allait décider pour lui des choix à faire. Jusqu'à quel point était-il capable de lui faire confiance ? Bon gré mal gré, il accepta.

« Je te rends le bandeau. Je fermerais les yeux et ça sera bien suffisant. »


Bon, elle le connaissait, maintenant. Pas du genre à exprimer ses sentiments. Un sourire, c’était déjà le bout du monde. La considérer comme une amie ne voulait pas dire qu’il allait lui déballer sa vie et ses états d’âme. Plus il y réfléchissait, plus il pensait que décidément, Georgie ne connaissait pas grand-chose sur lui. Juste la partie superficielle, qu’il aime patiner, qu’il vienne de Salem … Rien d’autre d’intéressant.

« C’est quand même con d’être comme deux inconnus. » marmonna-t-il, sans attendre vraiment de réponse. Lui-même n’en donnait pas toujours. Allez, il fit preuve de bonne volonté en lui prenant la main. Il plaça l’autre sur ses yeux, comme si les fermer n’aurait pas été assez éloquent. Peut-être aussi parce qu’il devinait qu’il ne résisterait pas à l’envie d’ouvrir les yeux pour s’y repérer. Pour ne pas la laisser maîtresse de ses actions. Ils avancèrent. Visiblement, ils descendaient un premier étage. Et … Ho, tiens, un autre. Dont il avait raté la première marche. Si bien qu’il en rata quelques unes de plus. Il se releva, prit quelques secondes de pause et hésita à écarter les doigts qui l’empêchaient d’y voir. Non, pas maintenant. Elle risquerait de s’en apercevoir et d’être déçue. Curieusement, il ne voulait pas la décevoir. C’était agréable, une amitié où on était au même niveau. Il lui apprenait comment patiner, elle lui faisait découvrir le château. Pas de relation où l’un des deux entraîner l’autre dans ses idées.

Ils marchèrent encore un moment et Marlon en perdit la notion du temps. Il avançait. A pas hésitants, lentement, seulement fixé par la voix de Georgie qui l’avertissait, un peu trop tard à chaque fois, de la présence d’un élève. Il croyait en avoir entendus plusieurs s’amuser de la situation mais n’en était pas bien sûr. Quelle importance, de toute façon. Il ne cherchait pas à leur plaire, persuader qu’il n’y arriverait pas. Il resterait dans sa solitude, au calme. Du moins s’il survivait à ce trajet, car il heurta une troisième … Quatrième personne ? Que les élèves étaient pressés !

Enfin, Georgie cessa d’avancer. Est-ce qu’ils y étaient ? Il ne parvenait décidément pas à repérer l’endroit où elle avait pu le mener. Il y faisait plus froid que tantôt, et ils avaient descendus quelques étages. On aurait dit que c’était un peu moins lumineux. Il hésita un moment avant de parler. Ca ne faisait pas un peu trop de paroles, aujourd’hui ? Quand il parlait trop, il ne se reconnaissait pas.

« Tu … » il se tut quelques secondes. Maintenant qu’il avait commencé, il fallait bien continuer. Comment faire le moins de mots ? « On y est ? ». Trois. Pas mal.
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MessageSujet: Re: Le vent nous portera - georgie Lun 18 Oct - 6:13

just like we used to.

Et mec, je pensais à toi tout à l’heure, et là, j’ai fais le lien. Tu vas voir, c’est super intéressant, tu vas te marrer. Et au fait, t’as pas faim ? Ouais, t’as faim. T’as toujours faim. Mais toute façon, c’est pas comme si t’avais le choix, pas vrai ? Donc tu te tais, tu fermes les yeux, tu tapes sur bandeau sur ta tête, tu me suis sans discuter.
Georgie est mondialement reconnue pour souvent avoir des idées assez étranges… assez spéciales… Spéciales, c’est le mot. Et c’est à ce moment-là que tout bon conteur, tout bon adolescent, ou tout bon hypocrite ajouterait « mais c’est ce qui fait son charme, n’est-ce pas ? » Sauf que cette partie de la réplique sera cette fois-ci passée sous silence, car il n’est pas certifié du tout que ce soit en effet cela qui fasse le charme de Georgie. Au contraire, la laisser vous entraîner dans ses coups foireux peut être parfois – voire même souvent, voire même toujours – très dangereux pour votre santé, autant physique que mentale. Avec elle, il faut apprendre tout de suite à savoir mettre des limites, sinon… c’est mort. Inutile de préciser, cependant, que même lorsque les limites sont bien définies, à grand renfort de néons clignotants, de barrières et de gyrophares, Georgie, et bien elle reste Georgie. Une grande joueuse qui n’écoute personne, si ce n’est elle. C’est pour cela que, avant même que l’idée de la petite surprise qu’elle réservait à Marlon ne germe dans son esprit, il était évident qu’il n’avait aucune chance. Bref, c’est pendant son cours de Sortilèges et Enchantements, alors que son professeur philosophait sur la façon dont il fallait tenir sa baguette afin de lancer correctement le sort qu’il tentait vainement de leur enseigner (« Non, non, pas comme cela, Finnigan ! Enfin, regardez le délicat mouvement du coude que j’exécute, et comparez-le à votre espèce de moulinet sans technique ni élégance, vous verrez tout de suite que… »), que l’idée d’une petite visite aux cuisines de Poudlard lui était venue. Elle doutait fortement qu’il ait jamais mis les pieds là-bas, et l’image qu’elle se faisait de son expression lors de la grande révélation était suffisamment alléchante que pour risquer un coup de crosse en plein nez. Lorsqu’enfin la cloche annonçant la fin des cours sonna, la jeune blonde se rua hors de sa classe, se calla à côté de la porte, et attendit patiemment. Dressée sur la pointe des pieds – elle était pourtant sûre de ne pas être si petite que ça – elle tenta d’apercevoir la tignasse brune du sieur Geller, son nouvel ami. Elle remarqua alors un individu en retrait, qui avait l’attitude étrange de celui qui prépare un mauvais coup et qui essaye – mais rate – de le cacher. Elle ne chercha pas plus loin et se précipita sur le jeune homme. À peine quelques secondes plus tard, il était convaincu. Je vous l’avais dit. Un grand sourire aux lèvres, elle plongea sa main dans son sac, en sortit en bandeau dont on ne savait absolument pas ce qu’il foutait là, et le fourra dans la main de Marlon, dont le visage sembla se décomposer d’une façon particulièrement drôle. « Je te rends le bandeau. Je fermerai les yeux et ça sera bien suffisant. » Cela n’attisa pas l’enthousiasme de Georgie, au contraire. Elle haussa les épaules d’un air entendu, lui attrapa la main. « C’est quand même con d’être comme deux inconnus. » La Gryffondor sourit, sans prêter attention à si son ami pouvait le remarquer ou non. Que pouvait-elle lui répondre, de toute façon ? « Si on s’déshabille, on se connaîtra assez à ton goût ? » Ouais. Non. C’est pas le genre de truc qu’il devait avoir envie d’entendre. Elle vérifia en agitant sa main devant son nez qu’il était totalement aveugle – pourquoi gâcher la surprise ? – avant de l’entraîner le long du couloir. Tout en se promenant dans le château, Georgie ne put s’empêcher de laisser son tempérament de bavarde l’emporter, et elle se lança dans une intense discussion qui s’avéra être principalement un monologue. Mais elle avait comprit depuis plus ou moins longtemps qu’elle ne devait pas en attendre trop de Marlon, question discussion. Elle-même aimait que l’on respecte son silence, ainsi, elle ne lui laissait presque aucune possibilité d’en placer une. Elle espéra durant quelques secondes qu’il verrait là un cadeau de sa part, et non une pénitence. En même temps qu’ils descendaient les escaliers, elle ponctuait ses paroles de quelques mises en gardes. « Attention, un Serpentard, évite-le si tu tiens à la vie ! », « une marche, lève le pied » ou « un ami de Salem droit devant ». Plusieurs fois, elle croisa des connaissances à elle, qui semblaient s’amuser de leur situation. Elle leur répondait par des clins d’œil complices. C’était tout Georgie, ça.
Enfin, quelques minutes après être descendus dans les sous-sols, Georgie s’arrêta. Un nouveau sourire barrait son visage, tandis qu’elle se plantait face à Marlon. « Tu… » commença-t-il. « Je... » Dans son dos se trouvait le tableau de la corbeille de fruits qui cachait l’entrée des cuisines. Ils allaient bien s’amuser. « On y est ? » Elle leva les doigts jusqu’à son visage, attrapa une nouvelle fois sa main, et l’enleva de ses yeux. « On y est. Observe, et apprends. » Elle se retourna, s’approcha du tableau, et du bout des doigts, chatouilla la banane dessinée sur la peinture, qui, aussitôt, se mit à rigoler comme une folle. Une poignée apparut, et Georie s’empressa de la tirer, libérant ainsi le passage. Elle enjamba le rebord, et s’engouffra dans la pièce. Étaient disposées en son centre, les répliques exactes des huit tables de la Grande Salle, et entre lesquelles grouillaient des dizaines et des dizaines de minuscules elfes de maisons. Elle rigola à les voir s’exciter ainsi, attrapa une pomme déposée sur le plateau que portait un des elfes qui passait en trottinant devant elle, croqua énergiquement dedans, et jeta un coup d’œil à Marlon. « Alors ? Pas mal, non ? » Elle le traîna plus loin dans la salle, en lui indiquant du doigt quelques elfes qu’elle connaissait déjà, et en se servant encore et encore d’aliments qui filaient sous son nez. « N’oublie pas de prendre au moins trois kilos, sinon tu vas les vexer ! »

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MessageSujet: Re: Le vent nous portera - georgie Mar 19 Oct - 9:45

Lorsque Marlon ouvrit les yeux, une vision inquiétante lui apparut. Objet jaune poussin-dopé droit devant. Banane ? Il eut à peine le temps de froncer les sourcils que le fruit en question se mit à rire comme un dément, le plongeant droit dans un film d’horreur qu’il avait eu le malheur de regarder durant son enfance et qui l’avait empêché de dormir plusieurs jours. Il recula d’instinct. Reprit ses esprits. Pas de souci. La banane n’était pas un clown égorgeur de petits n’enfants et prêt à lui trancher la gorge et plus si possibilités. Ses prunelles opérèrent cette fois-ci un regard noir braqué sur Georgie, signifiant clairement qu’il la suspectait d’être psychologiquement instable.

Cependant, un bruit non-identifié lui apparut et il décida que Georgie n’étant pas une menace particulièrement inquiétante, il valait mieux se soucier de cet étrange crissement. Tiens, non. En fait il ne s’agissait que d’une porte qui s’ouvrait. Rectification, qui venait d’apparaître. Sur ses gardes, Marlon resta planté là quelques secondes, attendant de retrouver ses esprits et comprendre où il venait d’atterir. Puis il sentit une odeur familière de nourriture et s’empressa de suivre Georgie, non sans se cogner au rebord, retrouver rapidement son équilibre grâce à des années de pratique sportive mais passer quand même pour un demeuré. Heureusement qu’il n’y avait personne d’autre dans le couloir : Salem aurait eu une sale réputation. Quoi qu’à vrai dire, il s’en fichait. Pour cette fois encore, il suivit la chevelure blonde sans pinailler. Sans écouter non plus. Elle venait de dire quelque chose d’intéressant mais il ne l’avait pas noté.

« Mais c’est immense … »
commenta-t-il en apercevant la réplique, un peu moins haute, de la Grande Salle. D’ordinaire, il était assez doué pour s’y repérer dans l’espace. Mais on aurait dit que cette pièce venait de sortir par enchantement, était apparue après le château. Qu’elle n’aurait pas du y être. Quel était l’esprit malsain qui avait crées les plans de cet endroit ? Après les dimensions de la pièce, c’est son contenu qu’il remarqua. De la bouffe. Partout. Qui venait de partout. Bonheur : il n’y avait pas de l’infâme nourriture anglaise comme il en avait mangé quelques jours en se demandant s’il était prêt à retourner dans le monde moldu pour ne pas sacrifier son estomac. Emerveillé, Marlon afficha quelques minutes l’expression d’un gamin déballant le jour de Noël ses cadeaux. Il n’aurait pas pensé trouver un endroit pareil. Même pour Poudlard, les cuisines gigantesques où s’accumulaient des dizaines d’elfes de maison étaient un peu trop magiques, semblaient sortir d’un dessin animé plutôt qu’exister vraiment. Et il y était. Dans cette reprise de Cendrillon, où les souris couturières étaient remplacées par des elfes de maison cuisiniers. Comme toujours lorsqu’il était heureux, les mots affluaient, se bousculaient un peu trop vite à son goût. Parce que, grand timide, il ne s’imaginait pas avoir des gestes d’affection pour Georgie pour lui montrer à quel point elle venait de lui faire une bonne surprise. Ca aurait trop vite, trop soudain … Trop déplacé.

« Tu sais, on n’a pas ça, à Salem … Les elfes de maison, surtout. C’est interdit. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il paraît que les elfes européens ne valent pas quitter leurs maîtres … C'est comme de l'esclavage où on les aurait conditionnés pour qu'ils aient peur de faire autre chose. On m'avait dit en cours que c'était des esclaves. C'est encore le cas ? Ils sont vraiment privés de liberté ? Quand même ... Ca doit être affreux, mais … Je sais pas. Ils ont l’air gentils. Et puis contents de ce qu’ils font, aussi. »

Il jeta un regard à un elfe qui, l’ayant repéré, lui tendit un plateau de fruits. A vrai dire, Marlon aurait préféré un plat chaud mais il n’osa pas faire le difficile. La créature le fixait avec tant d’espoir qu’il espérait la voir partir rapidement, pour ne plus supporter ce regard trop longtemps. Le sorcier n’avait rien contre eux, mais les elfes l’effrayaient un peu. Ce n’était pas l’image qu’il s’était fait de ces créatures dans les livres. Il les avait toujours vues moins miséreuses, moins difformes, moins sales … Mieux.

Il prit une poire d’un vert qui lui paraissait un peu plus appétissant que les autres. Avaient-ils vraiment le droit de se servir ici ? Tout simplement, pouvaient-ils venir ici ? Il songea avec un peu d’inquiétude que Georgie n’avait aucune connaissance du tutorat qu’on lui avait attribué, du fait qu’on ait désigné un professeur pour s’occuper de son « cas » et qu’il doutait qu’on le garde après quelques coups d’éclat. C’était déjà un miracle en soi qu’on l’ait accepté ici, il ne fallait pas trop en demander. Courrait-il vraiment le risque d’être puni ? Il fallait avouer que Georgie, avec toute l’affection qu’il lui portait, ne semblait pas l’élève la plus studieuse de Poudlard. Elle s'en fichait sans doute d'avoir une punition. Pas lui.

« Tu crois qu’on peut vraiment être là ? Je sais pas … Ca devrait être interdit ... Ils nous dénonceront peut-être pas parce qu’ils sont gentils, les elfes, mais ça empêche pas que … Enfin … Sérieusement, si c’était interdit, tu me l’aurais dit, hein ? Je peux pas trop … Je veux pas trop avoir une punition tout ça ... »


Il se tut. Finalement, ça ne lui plaisait pas de parler de ça. En plus, il allait passer pour un gros lâche ou un rabat-joie. Est-ce qu’il devait partir maintenant ou qu’il allait reprendre la conversation très normalement, comme s’il n’avait rien de tout cela et qu’il avait parfaitement le droit de venir ici ? Il se tourna vers la porte quelques secondes. Quelques minutes, peut-être. Il n’avait pas de notion du temps quand il fallait faire un choix. Les secondes devenaient des minutes, les minutes des heures pendant lesquelles il se sentait, parfois injustement, la cible de regards ne comprenant pas ce qu’il lui arrivait. Est-ce que Georgie le voyait, planté là, sa pomme dans la main, hésitant à partir ? Finalement, il se balança d’un pied sur l’autre. Peut-être bien qu’il aurait dû dire qu’il n’avait pas envie de venir. Et comme ça, il aurait été sûr qu’on n’allait pas l’engueuler si on le surprenait là. Un gargouillis de son ventre le gêna un peu plus et il baissa les yeux. Non pas sur sa pomme, directement sur le sol. Les elfes de maison faisaient bien le ménage, tiens.
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MessageSujet: Re: Le vent nous portera - georgie Sam 20 Nov - 6:11

nobody wanna see us together,
but it don’t matter, no.

La stupéfaction qui se lisait clairement sur le visage de Marlon fit sourire Georgie. Cela faisait plus ou moins cet effet-là à tout le monde, la première fois qu’on entrait dans les cuisines de Poudlard. Le plus drôle, c’était quand on y emmenait un élève de première année. En même temps, comprenez bien, qui ne serait pas sous le choc de constater qu’une pièce aussi titanesque en taille puisse se trouver dans les sous-sols de son château – qui certes est lui-même de taille très, très respectable, mais tout même – sans que personne, ou presque, ne soit au courant ? Et qui ne serait pas sous le choc d’apprendre que plus d’une centaine d’elfes de maison travaillent toute la journée dans cette dite pièce, alors que quasiment aucun élève n’en a jamais surpris un seul entrain de rallumer le feu de sa salle commune ou autre ? Georgie se souvenait encore du jour où elle passer le cap. C’était son ancien petit-ami, un Poufsouffle – qui, au final, s’était révélé être un véritable imbécile – qui l’avait emmenée là un jour. Elle en était restée bouche-bée, incapable d’accepter le fait qu’elle se tenait devant plus d’une centaine d’elfes qui bossaient tous pour elle, et pour tous les autres, incapable d’accepter qu’elle ne soit doutée de rien. C’est vrai, elle ne s’était jamais posé la question de savoir qui réparait leurs festins, ni même comment ils apparaissaient sur les tables comme… et bien comme par magie. « Mais c’est immense… » À travers l’émerveillement qui semblait fleurir dans l’esprit du garçon, elle redécouvrait l’endroit, son immensité, son improbabilité. À travers ses yeux, elle analysait les moindres recoins des cuisines, du tas de plats déjà préparés pour le repas du soir, aux répliques des huit tables et leur ornement de vaisselle en or, en passant par les fourneaux, les elfes qui s’affairaient. Dans un sens, cette salle était magnifique. Bien qu’elle ne soit qu’une cuisine, pleine de bouffe, et à l’ambiance lourde de vapeur, elle en restait… magnifique. De par ses dimensions qui tenaient du miracle, de par l’incroyable et incessante vivacité dont faisaient preuve les elfes, infatigables, de par la magie qui se dégageait du fait que cette cuisine était tout simplement irréelle. « Tu sais, on a pas ça, à Salem… Les elfes de maisons, surtout. C’est interdit. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il paraît que les elfes européens ne valent pas quitter leurs maîtres… C'est comme de l'esclavage où on les aurait conditionnés pour qu'ils aient peur de faire autre chose. On m'avait dit en cours que c'était des esclaves. C'est encore le cas ? Ils sont vraiment privés de liberté ? Quand même… Ca doit être affreux, mais… Je sais pas. Ils ont l’air gentil. Et puis contents de ce qu’ils font, aussi. » Georgie tourna vers Marlon un regard quelque peu étonné. Elle ne répondit pas tout de suite, l’observa plutôt détourner les yeux. Elle sourit en voyant son air gêné, tandis qu’un elfe s’approchait de lui, en tendant un plateau de fruit, d’un air incroyablement… soumis, qu’elle n’avait jusqu’alors jamais remarqué. Bien sûr, il n’était pas le premier à se poser des questions sur les droits des elfes de maisons, au contraire. Une des grands-mères Weasley avait même fondé une association à ce propos – la S.A.L.E. Mais pour être honnêtement honnête, il était tellement normal pour la jeune blonde que l’univers marche de cete façon – elfes servant les humains – qu’elle ne s’était jamais réellement demandé si c’était normal. « Interdit ? Sérieusement ? Bizarre… Ici, et bien… Disons qu’ils sont toujours aux ordres des hommes. Mais en fait, je crois qu’ils aiment ça. Essaie de proposer à un de ces elfes d’être libéré, à mon avis, il pétera une case. » Faisant mine de réfléchir, elle s’appuya à l’une des tables face à eux – qu’elle devina être celle de Serdaigle. Elle avait beau adorer Marlon, du moins autant que le permettait le peu de temps depuis lequel ils se connaissaient, elle devait avouer qu’il se posait énormément de questions. Beaucoup plus qu’elle, qui était plutôt adepte de la vie sans soucis. Regarder droit devant soi, sans trop prêter attention à ce qu’il y avait autour, sans trop se prendre la tête avec les problèmes du monde. C’était parfois un peu égoïste, c’est vrai, mais il ne faut pas se méprendre, Georgie est tout sauf égoïste. Elle évite juste de trop s’arracher les cheveux pour les causes qu’elle sait perdues d’avance. Il prenait un fruit vert, tandis qu’elle attrapait une cuisse de poulet dans un plat. Elle mordit pensivement dedans, d’une façon très glamour et très féminine. « Tu crois qu’on peut vraiment être là ? Je sais pas… Ca devrait être interdit… Ils nous dénonceront peut-être pas parce qu’ils sont gentils, les elfes, mais ça empêche pas que… Enfin… Sérieusement, si c’était interdit, tu me l’aurais dit, hein ? Je peux pas trop… Je veux pas trop avoir une punition tout ça… » Contre toute attente, elle rit. Elle ne l’avait pas imaginé aussi froussard – sans doute ne l’était-il pas vraiment – mais le voir entrain de stresser de cette manière, elle trouvait ça… carrément désopilant. Se moquait-elle de lui ? Peut-être. Un peu. Mais gentiment. Elle le voyait, là, tourner la tête vers la porte, comme s’il avait envie de se précipiter hors des cuisines, mort de trouille à l’idée d’avoir des ennuis. D’un côté, ça pouvait se comprendre – il était nouveau à Poudlard, et il ne devait certainement pas avoir envie d’être catalogué comme fauteur de trouble dès le début de l’année. Bon, certes, techniquement, les cuisines n’étaient pas réellement autorisées aux élèves, mais c’était le genre de règle qu’on avait créé pour le principe, que personne ne respectait. Néanmoins, il s’en garderait bien de le luire avouer, certaine que ça ne ferait que le faire flipper encore plus. « T’inquiète pas, même si quelqu’un nous trouvait ici, ce qui n’arrivera pas, on ne nous enlèvera pas de points et on ne nous mettra pas de retenue. » Elle lui fit un sourire qui se voulait engageant mais, peu sûre que ça ait suffit à tranquilliser le jeune américain, elle ajouta : « Mais si ça peut te rassurer, on racontera que tu as raté le déjeuner car tu avais des devoirs à faire, et que, puisque je suis préfète – si, je t’assure que c’est la vérité – tu es venu me demander où tu pouvais trouver à bouffer. Et nous voilà donc ici ! D’ac ? » Très fière de son ingénieux plan d’action, Georgie lui adressa un regard enthousiaste. Raté. Il avait les yeux rivés vers le sol. Bah, elle avait le temps pour finir de le corrompre. Une longue année s’étalait devant eux.


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MessageSujet: Re: Le vent nous portera - georgie Mer 1 Déc - 10:34

Marlon bredouilla un faible « c’est interdit dans seulement une partie des états américains » en réponse à la jeune femme qui s’étonnait qu’on ne puisse pas avoir des elfes de maison. Ce qui l’embêtait quand il citait une référence un tant soit peu culturelle, c’est qu’il s’en mêlait toujours les pinceaux et finissait par avoir l’air stupide. Il amorça quelques mouvements, pour « parler avec les mains » comme cela lui arrivait quand il était nerveux mais il se contenta de croiser ses mains derrière son dos, de peur de s’enfoncer. C’était toujours, toujours comme ça. Et la Gryffondor n’arrangea pas son léger malaise.

En voyant Georgie s’esclaffa entre deux bouchées de poulet, Marlon préféra détourner la tête pour éviter que la moue sur son visage ne trahisse les prémices d’une bouderie. Parce qu’il ne trouvait pas ça très sympathique, qu’on se fiche de lui ainsi. Surtout une fille. Non pas qu’il ait eu quelque chose contre la gent féminine. Mais l’avantage qu’on on parle à un autre garçon et qu’il s’avise de rire de vous, c’est qu’on peut le taper « gentiment » sans passer aussitôt pour une brute. Pas grand-chose : un regard noir, un coup de coude et un « la ferme » si le message ne passait pas – quoi qu’à ce stade il fallait tout de même être sacrément troll. Le Salemien dut s’en tenir au regard noir tout en se disant qu’à force de froncer les sourcils devant chacun des habitants de Poudlard, il allait être ridé avant l’heure. Et ridé uniquement sur le front, ce qui serait assez vilain.

Reportant son regard sur la jeune femme, il tritura la pomme qu’il tenait dans les mains. Pas de soucis, ça allait bien se passer. Lorsqu’elle lui exposa son plan, Marlon se détendit un peu et vint s’asseoir près d’elle. Il posa la pomme et s’empara de la cuisse de poulet qu’elle n’avait pas finie. Finalement, le poulet, c’était mieux. Il se ne gêna pas pour en prendre une grande bouchée et ne donna une réponse à Georgie qu’une fois sa bouchée soigneusement avalée. Parce que c’était une petite vengeance mesquine que de la faire attendre. Devant la nourriture et ce qu’elle venait de lui expliquer, il ne se sentait plus enclin à une dispute ou une fuite. Marlon ne serait toutefois pas resté camper ici : disons que prendre un repas bref mais non frugal l’inquiétait un peu moins désormais. Geo’ le protègerait. Elle n’avait pas le choix. C’était comme un pacte avec le diable. Si elle venait à se rétracter, il lui dirait qu’elle était méchante et qu’elle avait promis de le protéger. Avec une petite voix criarde d’enfant qui boude sa coupine parce qu’elle a cassée sa Barbie. Si ce n’est qu’il serait un tant soit peu plus embêtant qu’elle brise sa carrière scolaire, quoique pas brillante au demeurant.

« C’est marrant que tu sois préfète … » commença-t-il en triturant l’os de poulet. C’est dommage, avec une deuxième cuisse il aurait pu improviser un chouette rythme de musique « … J’ai l’impression de faire tâche, à côté. Préfète des Gryffondors, c’est drôlement chouette. »
Il aurait bien ajouté qu’il n’était même pas dans une équipe de Quidditch, ce qui expliquait sans doute en partie le fait que Georgie soit si dévergondée en comparaison.

« Tu sais, c’est déjà merveilleux que j’ai réussi à trouver la salle sur demande. Je suis complètement paumé, ici. Les escaliers, les gens, les tableaux partout mais vraiment partout … Tu crois que si on brûle un tableau le personnage dedans disparaît ? D’un côté, ça serait drôle … Mais après ça serait la vendetta. Enfin bon, c’est pas très intéressant, tout ça. Au passage, ça me vient maintenant : je suis content de te connaître. J’avais une appréhension avec les joueurs de Quidditch et les anglais en général. »

Parce que des gens qui s’éclatent sur des balais, c’est pas bien normal. Marlon étendit ses bras devant lui (toujours sur la table) et y posa sa tête. Envie soudaine de dormir. Le château semblait le rendre somnolent, il manquait toujours de sommeil. Pas de Quidditch, ça vous limite la vie sociale. Et en attendant de convaincre tout le monde de faire du roller à Poudlard … Où, d’ailleurs ? Tous dans la salle sur demande ? Il y avait quand même le problème des patins.

Et la lumière fut.

Comme si une petite ampoule stylisée venait de s’allumer à l’intérieur de son crâne, Marlon se redressa brusquement. Le coup qu’il donna sans s’en apercevoir sur la table fit décoller cuisse de poulet et pomme – qui roula un peu plus loin. Sans laisser le temps à Georgie de faire quoi que ce soit d’autre, il lui prit les mains dans un mouvement enthousiaste. Lorsqu’il était heureux, le Salemien ne faisait plus vraiment attention aux distances habituels qu’il mettait entre lui et les autres. Il redevenait un enfant, si exubérant qu’il en devenait épuisant.

« Je sais ! On va … On va … On va créer UN CLUB DE HOCKEY ! On se réunit tous dans la salle sur demande en tenue, on s’échauffe et on fait des matchs juste pour le fun ! Au pire, on roule sans les crosses, les buts, les équipes, mais comme ça on propose une alternative au Quidditch même si ça sera pas aussi étendu. Et puis on trouve un sortilège pour les patins ! Un sortilège qui crée des patins ! Ou qui modifie les chaussures. Ouais, un sortilège qui modifie les chaussures ! T’es préfète, tu t’y connais un peu en sorts, non ? Ils choisissent pas des navets pour être préfets, non ? D’ailleurs, ça se voit que t’es pas une navette … »

Hem. Hem. Euphorie retombée. Marlon s’interrompit dans sa tirade, laissa passer quelques secondes et s’assit bien sagement sur sa chaise. Hem. Oui. C’était un peu gênant, les quelques secondes voire les quelques minutes de silence qu’il y allait y avoir. Il chercha dans sa poche l’habituel mouchoir qu’il puisait d’un paquet et glissait là tous les matins pour le tendre à Georgie. Qui avait des tâches de poulet. Lui aussi, sans doute.

« T’as une tâche, là. » expliqua-t-il en désignant sur son propre visage la commissure des lèvres « et puis en fait t’en as plein d’autres à côté, ça serait un peu fastidieux de toutes les nommer. Mais bon, j’suis sûr que t’as un miroir. Toutes les filles du château ont un miroir. Même quand elles n’ont pas de poches. Elles ont l’air de le faire sortir de leurs manches, je comprends pas trop le mouvement. »
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MessageSujet: Re: Le vent nous portera - georgie Mar 28 Déc - 8:01

Un jour avec tous les pirates, tu reviendras crier vengeance.
Georgie n’était pas assez habile avec les gens – comprendre leurs motivations, savoir leurs peurs et leurs désirs secrets, les connaître tout simplement, tout ça, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé – que pour tenter de décrypter Marlon. Elle avait aisément compris que, dans un sens, c’était un garçon assez étrange, mais elle n’avait pas poussé ses découvertes plus loin. Elle était de ces gens qui préfèrent se délecter des surprises que peuvent leur réserver les autres, de ces gens qui rencontrent de nouvelles personnes sans calculer six ou sept coups d’avance. Bien sûr, elle n’hésitait pas à écouter les problèmes personnels de ceux qui désiraient les lui confier, à analyser leur situation afin de trouver une quelconque situation – tout de même, elle n’était pas si simple d’esprit. De même que la compagnie de Marlon était suffisante pour qu’elle s’amuse. Le pourquoi du comment qui faisait qu’il était comme il était et pas autrement, ça ne l’intéressait pas. Au contraire, son esprit un peu enfantin, la façon dont il pouvait bouder dans son coin comme un petit garçon, et l’instant d’après venir s’assoir à côté d’elle, la faisait sourire. « C’est marrant que tu sois préfète… J’ai l’impression de faire tâche, à côté. Préfète des Gryffondors, c’est drôlement chouette. » Georgie ne répondit pas tout de suite. Oui. Oui, c’était plutôt chouette d’avoir été élue préfète de Gryffondor. Dans un certain sens, ça prouvait la confiance que sa directrice de maison pouvait avoir en elle – ou alors, il n’y avait simplement aucune autre septième année de plus mature qu’elle – mais dans un autre, ça la privait un peu de liberté. C’est ce qui l’avait le plus dérangé, au départ. Elle s’était sentie prise en étaux entre la fierté de ses parents, qui désespéraient de la voir grandir un jour, et les responsabilités qu’incombaient son nouveau statut. Mais elle s’était vite rendu compte qu’il n’y avait pas que des désavantages. « C’est pas toujours aussi amusant que tu le crois, mais c’est vrai qu’il y a des bons côtés. Comme la salle de bains des préfets ! Je t’ai déjà emmené dans notre salle de bain ? Peu importe, on y retournera quand même… » Elle s’interrompit, pensive. Regrettait-elle d’être préfète, au fond ? Malgré qu’elle ai réussis à transformer presque tous les mauvais côtés en bons côtés, était-elle réellement contente d’avoir été choisie pour ce poste ? Pas sur. Si elle en doutait encore deux ans plus tard, c’était qu’une part (toute petite, la part) aurait préféré rester en dehors de toute histoire contenant les mots « représentant de la discipline » et « Georgie Finnigan » dans une même phrase. « Tu sais, c’est déjà merveilleux que j’ai réussi à trouver la salle sur demande. Je suis complètement paumé, ici. Les escaliers, les gens, les tableaux partout mais vraiment partout… Tu crois que si on brûle un tableau le personnage dedans disparaît ? D’un côté, ça serait drôle… Mais après ça serait la vendetta. Enfin bon, c’est pas très intéressant, tout ça. Au passage, ça me vient maintenant : je suis content de te connaître. J’avais une appréhension avec les joueurs de Quidditch et les anglais en général. » La jeune Gryffondor prenait toujours beaucoup de plaisirs à écouter les divagations de son camarade. Il avait souvent tendance à se lancer dans de grands discours qui ne requéraient de Georgie qu’une faible participation. Cette fois-ci, ses paroles lui tirèrent un sourire attendri. Elle ignorait si ce genre de déclaration était habituelle ou, au contraire, aussi rare que les trente degrés au pôle nord, mais Marlon ne semblait pas être très à l’aise avec les gens, alors elle décida d’accepter ces paroles d’amitié de bon cœur, et sans remarques. « Moi aussi j’suis contente de te connaître, Marlon ! Et ne pense pas aux joueurs de Quidditch, ce ne sont que des abrutis volants. (…) Hmm… Ca dépend du personnage. Si c’est quelqu’un d’intelligent, il pensera à sortir de son cadre avant d’être carbonisé, s’il dormait, par exemple, pendant le crime et qu’il disparait, s’il existe un autre tableau représentant le personnage, alors il va dans celui-là… J’ai déjà essayé, sans le faire exprès » avoua-t-elle finalement, l’air légèrement penaud. Bien qu’elle ne soit absolument pas repentante. Elle le regarda un instant, à moitié allongé sur la table. Elle se sentait étrangement différente avec lui. Il n’avait presque rien en commun avec ses amis, ni même avec les autres personnes qu’elle côtoyait habituellement. Et avec un naturel qui l’étonnait, elle arrivait à se transformer en une autre Georgie, lorsqu’elle était avec Marlon. Non pas qu’elle jouait un rôle, car la Georgie qu’elle était avec le jeune américain était incontestablement une partie d’elle-même. Une partie d’elle-même qui n’avait simplement pas l’occasion de ressortir très souvent. Elle se sentait à l’aise, même lorsqu’elle devenait cette Georgie. Et tout ça, à cause de Marlon.
Elle était plongée dans ses pensées, lorsqu’il se redressa d’un seul coup, la faisant sursauter, et elle manqua de s’étaler – se contenta de se prendre la moitié de la graisse du poulet dans la figure – quand il donna un coup de poing dans la table, faisant rebondir toute chose – y compris elle – ayant eu le malheur de se trouver là. Elle allait lui demander quoi, déjà prête à être effrayée, lorsqu’il se tourna vers elle, et lui attrapa les mains. « Je sais ! On va… On va… On va créer UN CLUB DE HOCKEY ! On se réunit tous dans la salle sur demande en tenue, on s’échauffe et on fait des matchs juste pour le fun ! Au pire, on roule sans les crosses, les buts, les équipes, mais comme ça on propose une alternative au Quidditch même si ça sera pas aussi étendu. Et puis on trouve un sortilège pour les patins ! Un sortilège qui crée des patins ! Ou qui modifie les chaussures. Ouais, un sortilège qui modifie les chaussures ! T’es préfète, tu t’y connais un peu en sorts, non ? Ils choisissent pas des navets pour être préfets, non ? D’ailleurs, ça se voit que t’es pas une navette … » À moitié assommée par la suite de chocs et pas ce flot d’informations qui essayaient de se frayer un chemin jusqu’à son cerveau, Georgie se contenta de fixer Marlon, tandis qu’il lui exposait son plan, excité comme un gosse. Puis, petit à petit, les paroles s’imprimèrent dans son esprit, les unes après les autres, son visage changeant d’expression à chaque nouvelle donnée traitée. Un club d’hockey ? pourquoi pas. Au début, les élèves seraient un peu difficiles à convaincre, et il faudrait compter sur des membres fidèles pour faire connaître le club, mais c’était faisable. Encore faudrait-il que les adolescents soient tentés d’apprendre le patin. C’était avec plaisir et envie que Georgie s’était prêté au jeu, mais elle doutait que toutes les écoles soient sortis du même moule… Elle, une navette ? Elle se retint de lui aboyer dessus. Mais, voyant son expression enthousiaste, elle se sentit sourire à son tour. « Ouais, ça pourrait être drôle. Je sais pas si ça intéresserait énormément d’élèves au début, mais si ils voient qu’on s’y amuse… Quant aux patins… » Elle-même était plongée dans ses réflexions, à présent, repassant dans son esprit tout ce qu’elle savait sur la création de sortilèges. Elle ne doutait pas d’y arriver un jour ou l’autre, mais elle avait l’impression que c’était tout de même plus compliqué que de claquer des doigts. Mais elle refusait d’abandonner, elle avait envie de faire plaisir à Marlon. Sauf que ce dernier était déjà passé outre son petit moment d’euphorie. Elle le vit à peine s’assoir, et ce n’est que lorsqu’il lui tendit quelque chose – un mouchoir – qu’elle interrompit ses tempêtes intérieures. « Tu as une tâche, là. » Elle se sentit légèrement rougir, attrapa le mouchoir et détourna la tête. Elle n’avait jamais été aussi soigneuse de son apparence que bien d’autres filles de Poudlard, mais l’idée de se balader avec des horribles traces de volailles autour des lèvres n’était pas non plus pour lui plaire. Elle marmonna un vague merci, lorsqu’il reprit. « Et puis en fait t’en as plein d’autres à côté, ça serait un peu fastidieux de toutes les nommer. Mais bon, j’suis sûr que t’as un miroir. Toutes les filles du château ont un miroir. Même quand elles n’ont pas de poches. Elles ont l’air de le faire sortir de leurs manches, je comprends pas trop le mouvement. » Indignée, Georgie plissa le nez, l’air mécontent. D’ordinaire, elle aurait été partante pour répondre cyniquement, quelque chose comme « je connais une façon plus efficace que le mouchoir, pour ce genre d’endroit », mais ce n’était sûrement pas le genre du garçon. Elle leva le bras, comme si elle s’apprêtait à le gifler, mais ses doigts passèrent à des kilomètres du visage de Marlon. Rien ne se passa. « Tu vois ? Pas de miroir. » Triomphante, elle se laissa tomber à côté de lui et éclata de rire. Elle tendit la main vers son visage. « T’as pleins de tâches partout aussi, je te signale ! » C’était une des qualités de Georgie, d’après son entourage – lorsqu’elle se vexait ou qu’elle était en colère, ça ne durait jamais plus de cinquante secondes. C’était dans sa nature, dans son caractère. Elle était incapable d’en vouloir à quelqu’un, même en le voulant très fort. Sauf aux personnes qu’elle n’aimait pas à la base. Et sauf Charlie. Mais Charlie était une exception. Une exception à laquelle elle n’avait pas envie de penser pendant qu’elle s’amusait.



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Le vent nous portera - georgie

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