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Ce que la voix peut cacher, le regard le livre.

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⊰ PARCHEMINS : 313
⊰ INSCRIPTION : 07/11/2010
⊰ CRÉDITS : Avatar : © psychozee. | Signature : © bazzart
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MessageSujet: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Dim 21 Nov - 11:06


Ce que la voix peut cacher, le regard le livre.



Les toilettes de Mimi Geignarde. C'était notre point de rendez-vous depuis que nous étions à Poudlard. Notre pause cigarette. Nous savions que nul ne viendrait nous déranger, à part peut-être ce stupide fantôme qui m'agaçait terriblement. Par chance, mon meilleur ami l'avait séduit, ce qui nous garantissait une certaine tranquillité. Elle apparaissait de temps à autres pour susurrer des mots tendres mon amis, provoquant mon hilarité et de ce fait, des insultes à mon intention. J'étais installée sur le bord de l'évier, le dos reposant contre l'un des miroirs, une cigarette fraichement allumé entre mes doigts. Mes pieds se balançaient doucement dans le vide alors que je portais le tube de tabac à mes lèvres. Je laissais la fumée envahir mes poumons avant de la laisser s'échapper à nouveau de mes lèvres fines et rosées. Mon meilleur ami était à quelques pas de nous, adosser contre l'une des parois des toilettes. Le silence s'était installé entre nous, sans pour autant qu'il ne paraisse lourd et oppressant, non, c'était un de ces silences agréables qui, de temps à autre, me faisait un plus grand bien.

J'étais plongée dans la profondeur de mes pensées, me laissant bercer par l'absence de bruit. Le grognement de mon estomac m'extirpa de mes songes et provoqua un rictus amusé chez mon meilleur ami. J'écrasais la cigarette dans l'évier et m'en débarrassais d'un mouvement de baguette. Je me laissais glisser au sol, mes talons provoquant un claquement brusque lorsqu'il frappèrent les carrelages des lieux. Un sourire malicieux aux lèvres je venais lui prendre la main pour l'embarquer en dehors des toilettes de la pleurnicharde pour rejoindre la Grande Salle et répondre aux appels de mon ventre. Il me stoppa presque immédiatement, me ramenant vers lui pour déposer un baiser sur ma joue. Tu devras faire sans moi, j'ai rencard. Un sourire narquois s'empara de mes traits alors que je m'éloignais à reculons, un regard plein de sous entendu et de non dit. J'avais pris l'habitude de l'utiliser pour faire enrager mon cher et tendre frère ainé... Si tenter qu'on puisse parler de lui en ces termes, car les pensées que j'avais à son égard était loin d'être de type fraternel. Malheureusement, je devrais m'en remettre à quelqu'un d'autre puisque Monsieur avait d'autre occupation. Oh n'allez pas croire que j'utilisais la gente masculine comme Bouche Trou. Non, la plupart était des amis et savait parfaitement qu'il n'y aurait jamais rien de plus entre nous et ce, même s'il nous arrivait de flirter. C'était une sorte de jeu, entre moi et eux. Je quittais donc le troisième étage, la démarche calme et nonchalante, je me dirigeais lentement mais surement vers la Grande Salle pour y prendre mon diner.

J'arrivais dans le hall et poussais les grandes portes de la salle d'un mouvement théâtrale qui me caractérisait à merveille. Un légé sourire accrocher à mes lèvres et je faisais mon entrée pour me stopper après quelques pas. Mon regard se glissait sur les lieux, lentement, toisant les personnes présentes avec attention. Je fus déçue de ne pas voir la silhouette de Cohnaan à la place qui lui était réservée, mais la déception disparu lorsque mon regard se portait sur mon frère cadet. Je le surpris avec un air que je ne lui avais jamais vu. Je reconnaissais presque aussitôt cet air stupide qu'il m'arrivait de prendre lorsque je toisais Cohnaan. Je me fis d'ailleurs promettre de ne plus jamais l'afficher. A moins que ce ne soit parce que j'avais appris de ses silences, que je connaissais la moindre de ses expressions par cœur. Je me réjouissais qu'il ne m'ait jamais surpris à contempler Cohnaan, car je me doutais qu'il puisse me démasquer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. J'avançais doucement vers lui, calquant mon regard au sien pour trouver l'objet de son désir. Je haussais un sourcil en découvrant la nouvelle infirmière venue de Durmstrang. C'était une blague. Je posais mes fesses à côté de lui, le dos et mes coudes reposant contre la table. Je croisais les jambes avec lenteur, lui servant un regard narquois et moqueur. Je gardais le silence, sachant pertinemment qu'entre nous, les mots n'avaient aucune raison d'être pour ce genre de réflexion. Il comprendrait parfaitement que je lui demandais des explications.

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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Dim 21 Nov - 11:58

Poudlard avait généré une multitude de changements pour moi. Bien entendu, accoutumé aux modifications de mon milieu de vie depuis mon plus jeune âge, ça ne m'avait pas réellement affecté. J'étais une sorte de nomade dans l'âme, et que je quitte les Etats-Unis pour achever mes études de sorcellerie au collège britannique qu'est Poudlard, ça ne me dérangeait pas le moins du monde. De plus, ce n'était pas comme si j'étais dépaysé, éloigné de toute mon enfance et ma vie « de base ». Mes sœurs ainsi que mon frère aîné étaient présents dans l'enceinte du château, ainsi, tout en étant bien accompagné, j'étais également attentivement observé par chacun d'eux. Si ce n'est que Cohnaan qui veillait sur moi de peur que je me casse sous le moindre impact, Bonnie qui s'inquiétait de mon amour éperdu pour mes animaux, Lily qui me prenait pour une peluche géante ou Maïa qui se contentait de me comprendre par le moindre regard, j'étais assez... Bien entouré.

Mais il y avait encore plus, à Poudlard. Mieux que ma famille, mieux que cette appartenance aux Callahan. Il y avait mille fois mieux. Et ce n'était pas le château, ni ses passages secrets, ni le mélange de cultures à cause de la venue d'autres étudiants des autres écoles, ni Pré-au-Lard, le fameux village de sorciers où tout et n'importe quoi se vendait. Ce n'était rien de tout ça, c'était quelqu'un d'autre. Une ancienne Durmstrang, paraît-il. J'ignorais, aussi détestable cela puisse m'être, d'où provenait cette jeune femme, tout ce que je savais, c'est qu'elle avait offert à ma vie un nouveau rythme dès le premier regard. Elle avait invoqué en moi ce que jamais je n'avais connu, imposé des désirs et des jalousies que jamais je n'aurais cru nourrir un jour, créé une sorte de démon qui croissait à chaque instant de ma vie, toujours plus envieux d'elle, toujours plus fasciné, plus dépendant.

L'heure des repas s'était vite transformée en rituel, je fixais avec insistance ces pendules accrochées aux murs de briques des salles de cours, attendant impatiemment la venue de l'heure du dîner, comme celle du souper. Je savais pertinemment qu'elle serait présente, toujours assis au même endroit, toujours aussi ravissante, toujours aussi ensorcelante. C'était une sorcière, dans tous les sens du terme. Elle m'était magique, elle m'était féérique. Je devenais fou, tellement que j'aurais souhaité contrôler le Temps, uniquement pour prolonger l'heure des repas et accélérer les heures de travail entre. Puis, voilà que le Lewis qui ne mangeait jamais, l'anorexique en sur-puissance, celui qui, même lorsqu'il était bébé, détestait avoir une assiette avec des aliments comestibles dedans qu'il devait engloutir sans grimacer, se dépêchait discrètement, transporté d'un certain bonheur invisible aux yeux de tous, vers la Grande Salle, s'asseyait à la table des Salem où souvent Bonnie et Lily étaient déjà présentes, faisant des batailles de couverts, et je guettais, toujours aussi furtivement. Alors se menait un véritable combat intérieur, tel un aimant bien trop puissant pour moi, je me refusais à détacher mes yeux de son visage parfait, de sa nouvelle tenue du jour, de sa nouvelle coiffure, du roux puissant de ses cheveux, de l'éclat de ses yeux, de la perfection de sa peau, de l'attirance de ses lèvres. Une attraction mortelle, qui m'enlaçait dans un tourbillon où, étourdi, je parvenais que très difficilement à m'en défaire, à dénicher une sortie de secours, si ce n'est lorsqu'elle tournait la tête en ma direction et que je tournais rapidement les yeux vers mon voisin de table, comme s'il m'intéressait. Et alors, je me figeais, j'essayais de survivre, de combattre ce monstre grognant en moi qui me disait de retourner la tête, que c'était bon, elle ne regardait plus dans ma direction, que personne ne remarquerait que je la contemplerais encore un peu... Juste une seconde de plus, juste une minute, dans une vie, dans cette heure de repas, jusqu'à ce soir, jusqu'à la minute perdue où je la croiserais dans un couloir, au plus grand et miraculeux des hasards.

Je déglutissais, ma sœur cadette se servant avidement de poulet tandis que Bonnie lui répliquait qu'elle avait, encore une fois, les yeux bien plus gros que le ventre. Je me pétrifiais, envahit d'une certaine tristesse à l'idée de devoir perdre du temps à remplir une assiette que je mangerais probablement à peine. Bonnie me tendait la purée de pommes de terre comme à son habitude, et je saisissais le bol en silence, affligeant mon assiette immaculée d'une boule de purée molle et blanche. Je reposais le récipient, et fixais mon verre, comme si j'espérais la voir par un reflet bien hasardeux de celui-ci. J'étais finalement bien mauvais en physique... ou alors, très désespéré. Lily s'empara vite de mon verre pour le remplir à ras-bord de jus de citrouille, fière d'avoir que très peu renversé du liquide et démontrant à Bonnie qu'elle était aussi douée qu'elle, voire même précoce vu qu'elle avait « bien six ans de pratique de moins qu'elle ». Je levais finalement les yeux vers Bonnie, et dans un angle parfait, je remarquais pouvoir lorgner une nouvelle fois sur l'infirmière. Mes yeux s'en attirèrent indéniablement, sans que je puisse avoir mon mot à dire. Scotchés, j'étais une nouvelle fois emmené dans cette ménagerie folle qui m'empêchait d'agir vraiment, qui ne me donnait aucune volonté de vouloir lutter contre toute cette beauté, toute cette divinité, tout cette addiction...

Si j'avais imaginé qu'uniquement son regard pouvait me détacher aussi finalement de sa personne si somptueuse, je me trompais lamentablement. Maïa, qui venait de s'asseoir à mes côtés, obstruant ainsi sans ménagement la vue complète que j'avais d'Elizaveta, me fixait. Ou plutôt, me clamait haut et fort des explications. Je déglutissais, comme pris en flagrant délit d'un crime aussi horrible que honteux, tandis que les battements de mon cœur s'affolaient et sans doute que je rougissais. Je baissais la tête, me noyant presque dans ma purée. Présentement, j'avais simplement et tout bonnement l'impression que Maïa allait mettre un terme à ma vie paisible et la rendre encore plus misérable – si cela fut-il possible -. Pourquoi fallait-il que ce soit toujours elle qui découvre mes secrets en premier ? Je pensais bien entendu à Miétek. Fort heureusement, elle s'était rangée de mon côté. Néanmoins, comment réagirait-elle face à... Cela ? J'avais l'impression hideuse qu'elle était déjà consciente de bien trop à mon égard. Cette fille lisait en moi comme dans un livre ouvert, et... En ce moment, il était justement ouvert au chapitre le plus secret de toute ma vie.

D'autre part, je ne pouvais pas mentir à Maïa, c'était impossible. Non pas que je sois un mauvais menteur, mais tout simplement que je pratiquais jamais cet art, n'ayant rarement le lieu de le faire, et mentir à Maïa serait aussi facile que de faire apprécier une pomme à un sombral. Je finissais par lever les yeux doucement vers ma sœur aînée, qui s'avérait bien patiente aujourd'hui. Mais qu'aurais-je à lui dire ? Moi-même ne pouvais poser de mots là-dessus. Et par ma dernière réaction, elle avait certainement dû comprendre que j'entretenais quelque chose de peu... Commun dans mon cas envers l'infirmière de l'école, aussi malsain et piètre cela puisse l'être. Et c'est là qu'elle allait sans doute se poser des questions vis-à-vis de la nuit que j'avais dû passer dans son domaine, à cause d'un stupide Durmstrang qui avait renversé mon chaudron sur moi, me calcinant robe de sorcier et peau. J'inspirais profondément, soutenant le regard de Maïa, essayant de me – voire lui – convaincre que ce n'était rien. « Rien ». Un « rien » qui me rendait la vie infernale mais pourtant si formidable. Drôle de néant, qu'est cette admiration. Je finissais par hausser les épaules, impuissant et ignare de cette folie qui me possédait, attrapant un morceau de pain au passage d'une corbeille.

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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Lun 22 Nov - 0:17

A peine m'étais-je posée au côté de mon cadet que mes doutes se confirmaient. Il n'avait pas besoin de parler, il pouvait garder le silence aussi longtemps qu'il le voudrait, cela ne changerait plus rien : je savais. Je le toisais avec attention, scrutant le moindre changement d'attitude. Je lé découvris quelques année en arrière, lorsqu'il avait hébergé un félin sans que personne ne le sache, personne, si ce n'est moi. Il avait eu exactement les même expressions lorsqu'il m'avait découvert dans sa chambre en compagnie de son petit protégé. Seulement, il me semblait que les choses avaient une tout autre dimension, qu'elles étaient beaucoup plus importante aux yeux de Lewis. Je le connaissais mieux que personne, je le connaissais peut-être mieux que moi même, je le connaissais et c'est bien pour cela que je savais qu'il n'y avait pas eu de précédent. Mon regard se glissait de lui à la demoiselle qui occupait ses pensées. Je haussais un sourcil, l'observant de haut en bas, sous toutes les coutures, avant d'en revenir à mon frère.

J'en avais presque oublié la présence de Bonnie et Lily. Je savais parfaitement que si elles étaient présentes, je devrais me contenter de ses regards qui disaient beaucoup, mais pas tout et dans ce genre de situation, ce n'était pas suffisant. Lily était agitée, elle bougeait et parlait beaucoup, enfin plus que d'habitude, si, si, c'est possible. Comment veux-tu que Lewis m'explique ce devoir de métamorphose si tu ne cesses de beugler !? Je m'adressais à Lily, narquoise et détachée, comme à mon habitude. Une impulsion de mes coudes contre la table et je me relevais gracieusement, saisissant le poignet de mon cadet pour l'entrainer avec moi en retrait sur la table des élèves de Salem, là où personne ne pourrait entendre ce que nous avions à dire. Je me laissais tombée sur le banc avec souplesse, de la même façon que tout à l'heure je me tenais dos contre le table, accoudée à celle-ci. J'attendais qu'il s'installe à son tour, beaucoup plus patiente qu'à l'habitude, mais il faut dire qu'il n'était pas n'importe qui, il était mon frère, mon petit frère. Hm... Je suis certaine que tu as plein de choses à me raconter... J'accompagnais mes paroles d'un sourire des plus charmants et attentives. j'avoue que c'était rare, mais il m'arrivait de l'être et là, j'étais en bonne disposition pour être le plus compréhensive que possible.

Ou du moins c'était avant de me souvenir d'un petit détail qui faisait toute la différence. LE petit détail. Le passage récent de Lewis à l'infirmerie. Passage au cours duquel il avait du passé la nuit avec cette Jeune femme de Durmstrang. Mes sourcils se fronçaient alors que je portais mon regard de lui, à elle. Qu'avait-il bien pu se passer entre eux pour que cela lui tourner ainsi la tête? Comme tout le monde, je connaissais les rumeurs qui circulaient sur cette femme étrange. Habituellement, je ne prenais pas part au rumeur, mais habituellement, elle ne concernait de près ou de loin aucun membre de ma famille. De plus, elle était membre du personnel de Poudlard et mon Lewis, mon petit Lewis, il était encore mineur, que ce soit chez les moldus ou dans le monde de la magie. Cette garce avait-elle oser dépasser les limites? Égoïste !? MOI? Mon histoire avec Cohnaan n'avait strictement rien a voir là dedans, c'était deux situations différentes et, de toute façon, de n'est pas ce dont il était question. Il n'avait encore rien dit et pourtant, la colère et la haine à l'égard de cette femme augmentait au fur et à mesure que le temps passait. Cette sorcière l'avait-elle envouter? Mes coudes venaient se croiser contre ma poitrine alors que l'un de mes pieds frappaient nerveusement le sol, à rythme régulier. J'attendais et la patience m'avait quittée. Je n'avais qu'une seule envie, bondir et lui arracher les yeux avec une petite cuillère. Mais je me contenais, attendant le plus sagement possible que Lewis me donne des explications.

Que s'est-il passé à l'infirmerie !? N'essaye surtout pas de me mentir, Lou. Je parlais à voix basse pour éviter que quiconque ne puisse entendre cette conversation. Je prenais un air naturellement détaché pour ne pas aiguisé la curiosité de mes sœurs ou de n'importe quelle autre personne. Oh mais cette apparence faussement détendue ne devait pas échapper à mon frère. Car s'il est vrai que je savais tout de lui, le contraire était tout aussi vrai. Le seul secret qu'il n'ai jamais découvert concernait Cohnaan. Je m'étonnais d'ailleurs qu'il ne m'ait jamais interroger à e sujet, qu'il n'ai fait aucune réflexion, aucun regard. Était-il possible que j'ai réussi à le leurrer!? Non. Lewis ne devait tout simplement pas s'interroger de ce côté, après tout, ce n'était pas quelques choses auxquels on s'attendait. J'espérais pouvoir garder ce secret encore longtemps, secret qui n'était pas finalement si différent que le sien. D'une certaine façon, je le jalousais, car si la situation était compliqué pour lui, elle l'était encore plus de mon côté.


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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Lun 22 Nov - 6:02

« Comment veux-tu que Lewis m'explique ce devoir de métamorphose si tu ne cesses de beugler !? »

Je grimaçais. Je connaissais ma sœur aînée sur le bout de mes doigts. En fait, je crois qu'entre nous, le contact n'aurait jamais pu se faire aussi rapidement. Maïa était quelqu'un d'extrêmement complexe, mais nous partagions des caractéristiques similaires, si bien qu'aussi bien elle que moi parvenions à élucider ce qui nous tracassait, ce qui nous passait par la tête, comme ce qui nous agaçait. Une sorte de correspondance unique nous liait, mystérieusement. Et bien que la jeune femme s'avérait mille fois plus prolixe que ma propre personne, je savais pertinemment que le fait qu'elle envoie catégoriquement bouler ma jeune sœur signifiait qu'une et unique chose : « Lewis, je suis déterminée à te parler, alors bouge toi de là ». Néanmoins, je n'étais pas sûr d'être très enthousiaste à l'idée de parler de ça à ma sœur. Comme à n'importe quel être vivant, d'ailleurs. Je n'avais même pas évoqué l'existence de cette dépendance psychotique comme névrosée à mes animaux de compagnie, alors, à un humain... C'était ce secret, un secret tellement bien profond, tellement bien couvé, que le sortir au grand jour me semblait une épreuve frisant l'impossible. Cependant, comment Maïa accepterait-elle un silence complet de ma part sur ce sujet ? Je sentais déjà son impatience, sa curiosité, mais aussi sa légère inquiétude. J'étais conscient que, comme Cohnaan et Bonnie, elle désirait me protéger de tout ce qui était possible. Et Elizaveta faisait tristement partie des choses à évincer pour que je récupère ma sérénité intérieure, en quelque sorte. Sauf que, bien que nous n'étions présents au château que depuis un peu plus de deux mois, j'étais convaincu qu'ôter l'infirmière de ma vie, l'éradiquer de mes rêves, rimerait à exterminer brutalement une partie de mon âme. Une immense partie, qui me rendrait tellement plus malheureux, tellement plus incomplet, tellement plus maudit, que je me refusais à y penser, que je me refusais de laisser cela se produire. Je voulais lutter contre mon mal, parce que même s'il me détruisait également à petit feu, il m'invoquait cette sensation d'être bien vivant, d'être presque normal, comme tout le monde.

Maïa se levait, attrapant au passage mon poignet et m'attirant vers un coin de la large table boisée des Salem qui demeurait déserte. Elle s'adossa à celle-ci, coudes entre le couvert, et je la rejoins, m'asseyant néanmoins de manière plus adéquate. D'un côté, j'espérais pouvoir aussi croiser la vision providentielle de l'infirmière du collège par ce procédé, bien qu'avant tout, il valait bien mieux m'occuper de Maïa, dont je sentais l'agitation monter de manière exponentielle.

« Hm... Je suis certaine que tu as plein de choses à me raconter... »

Je grimaçais et baissais les yeux sur la nappe aux couleurs de Salem. C'était certain que j'avais un bon dossier de faits à conter à ma sœur aînée, et je l'aurais peut-être fait si je n'étais pas moi-même. Si je n'étais pas le jeune homme souverainement secret, introverti, et terrifié à l'idée d'être découvert aussi profondément aux yeux de tous. J'imaginais déjà que très mal le reste de ma fratrie apprendre ce que j'entretenais à l'égard d'un membre du personnel, et si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais souhaité du plus haut de mes forces que Maïa n'ait jamais aperçut ce qui me mouvementait tellement intérieurement. Le silence grattait ces quelques secondes, et j'espérais pour la première fois depuis mon arrivée à Poudlard, depuis que j'avais croisé son être fabuleux, que l'heure du repas s'achève soudainement et que l'on doive se précipiter dans nos salles de cours respectives. Bien heureusement, étant âgé d'un an de moins que Maïa, cela m'aurait permit de reculer cette horrible et bien embarrassante conversation en perspective. Néanmoins, cela n'aurait été que reculer pour mieux sauter. De plus, l'heure du repas était à peine entamée, Maïa avait tout le temps pour me cuisiner à toutes les sauces possibles et imaginables.

« Que s'est-il passé à l'infirmerie !? N'essaye surtout pas de me mentir, Lou. »

Je me retournais vivement, voyant clair dans son jeu, réagissant au quart de tour à l'insulte qu'elle formulait à l'objet de tous mes désirs. Elizaveta était loin d'être ce genre de personnes, c'était une infirmière le plus respectable que la Terre ait portée, et jamais, ô grand jamais, elle n'aurait osé sortir de ses gonds sur n'importe quel plan. Elle était parfaite, voilà tout. Ce n'était pas une humaine, c'était un ange. Un ange qui ne fautait jamais, qui était béni de tous les dieux possibles, et qui ne méritait en aucun cas ces accusations. Mon cœur s'accélérait légèrement, finalement, ma sœur avait déniché le moyen idéal pour me faire parler, voire m'en faire trop dire, car les pensées, les mots, les phrases se bousculaient dans ma tête dans une valse folle, voulant toutes filer entre mes lèvres au même moment, ce qui produirait un langage des plus incohérents. Je me contentais de froncer les sourcils, froissé. Puis, j'articulais, d'une voix étonnement dure qui jurait avec la personne naturellement douce que j'étais :

« Elle n'est pas ce genre de personne. »

Je me renfrognais, tournant la tête et jetant brutalement mes yeux sur l'assiette vide qui se situait devant moi. Évidemment, le monde tournait à l'envers. Évidemment, je venais lamentablement de me vendre à ma sœur en me mettant en colère par cette toute petite phrase qui m'avait sorti de mes gonds. J'étais loin d'être quelqu'un qui s'agitait rapidement, en fait, l'on pouvait me courroucer que sur un domaine jusqu'ici connu : en parjurant sur ma famille. Voilà que je venais généreusement de livrer à mon interlocutrice que je considérais Elizaveta comme quelqu'un d'aussi important que les miens, ou du moins, qui s'en approchait. Elle saurait sans difficultés tout ce que je pouvais éprouver pour elle, et pire, tout ce que je serais capable de faire en son nom. Bien entendu, elle m'avait envoûté, elle m'avait ensorcelé, j'étais son misérable pantin destiné à probablement des fins bien désastreuses. Mais elle n'en était pas la première responsable, elle n'avait nullement invoqué toute cette malignité volontairement. J'avais été transporté, absorbé et possédé par elle de manière les plus naturelles qui soit. D'une façon si impulsive, si immédiate. Comme si je n'étais qu'une vulgaire pièce de puzzle qui venait de rencontrer une de mes paires qui s'assemblait de manière si parfaite à moi-même. Je frémissais légèrement à cette idée, et répondait à ma sœur de manière douce, nourrissant déjà quelques regrets au ton que j'avais adopté avec elle précédemment :

« J'y peux rien. C'est juste comme ça. »

Et je m'en résignais totalement. Sans vouloir mener quelconque combat pour retrouver ma liberté. Car que serait-ce la liberté, que serait-ce le monde, sans elle ? Ce ne serait plus qu'une prison, je ne deviendrais qu'une âme en peine limitée par un corps bien trop solide. Le monde deviendrait si petit alors, si elle disparaissait. Dans sa petitesse, j'étoufferais alors, sans aucun doute, n'ayant pu trouver refuge ailleurs, n'ayant pu obtenir ne serait-ce qu'une simple promesse de la recroiser sur ma voie. J'espérais tellement que nos destins soient liés en un point quelconque. Lié véritablement, noué de manière indéniable dont uniquement la vie figurait l'ultime issue.

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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Mar 7 Déc - 7:33

Mon frère cadet réagissait enfin, mais pas de la façon dont je l'aurais cru. Je vis la colère enflammer son regard et se répandre sur ses traits. Les autres n'auraient probablement vu le changement opéré, mais je le connaissais mieux que personne, je le connaissais dans ses silences et dans ses expressions alors que ses mots se trouvaient être plus difficile à comprendre. Je pouvais lire en lui, rien qu'en plongeant mon regard dans le sien. Il le pouvait tout autant. Cette relation avait quelques choses d'inexplicable et de paradoxale. Parfois, cela faisait du bien de se retrouver dans notre silence mutuelle, sans avoir de parler pour exprimer ce que, de toute façon, on ne pouvait pas toujours décrire. Les mots étaient compliqués, ils avaient plusieurs sens et parfois, nous n'utilisions pas les bons. Notre relation était dépourvue de ces énigmes, elle était tellement plus sincère. Mais cette sincérité et cette transparence pouvaient être oppressantes. Nous ne pouvions avoir que très difficilement des secrets entre nous, pas de jardin secret. Je le savais mieux que personne. J'ignorais comment il avait pu passer à côté de mon obsession pour Cohnaan. Peut-être parce que lui même était devenu obsessionnel. Nos obsessions nous avaient divertis et nous avaient, pour une temps seulement, éloigné des secrets qu'on se faisait.

Cette colère ne lui ressemblait pas. Qui était-elle pour provoquer chez lui ce genre de réaction? J'eus bientôt une réponse, une réponse qui ne me satisfaisait guère. Elle n'est pas ce genre de personne. Je ne pus masqué la surprise qu'il venait d'éveillé sur moi. Elle n'était pas ce genre de personne? Comment pouvait-il le savoir? Après tout, n'entendait-il pas ce que l'on sifflait dans les murs du château, n'entendait-il pas les bruits de couloirs, toutes ses rumeurs aux sujet de la belle qui bouleversait à ce point son cœur? Je le toisais avec attention, l'un de mes sourcils s'était hausser. J'étais de plus en plus perplexe. Se pouvait-il qu'il ait été envouté? Non, je le scrutais plus attentivement et ne trouvais aucun effet secondaire que provoquerait ce genre de maléfice. Il était bel et bien Lewis, mon frère. Je fronçais les sourcils, croisant mes bras sur la poitrine. Elle n'est pas comme cela? Vraiment? Comment peux-tu en être certain, tu l'as connais à peine. J'étais un monstre. Comment pouvais-je éloigné mon cadet d'un amour aussi beau que cela qu'il éprouvait pour l'infirmière. N'aurais-je pas du lui faire confiance? Non, je lui faisais confiance, mais c'était elle qui provoquait cette méfiance. Encore une fois, je me montrais trop protectrice à son égard.

J'y peux rien. C'est juste comme ça. Je le comprenais bien plus qu'il ne pouvait s'en douter. Lewis savait ce que je pensais de l'amour, ou plutôt ce que j'en pensais avant d'être à ce point détournée de mes pensées par son frère, notre frère. Malheureusement, je savais aussi que ce genre d'obsession n'était bonne ni pour lui, ni pour moi. Puisque je ne pouvais pas m'en sauver, puisque j'étais condamnée à me laisser ronger par ce sentiment étrange, puisque je n'en étais pas capable, je me devais de l'aider. L'aider à oublier, l'aider à trouver la force et à s'extraire d'un pareil poids. Ce que je ressentais, ce qu'il ressentait, était à double tranchant. C'était merveilleux, aussi merveilleux que cela n'était destructeur. Je ne pouvais me résigné à le voir ainsi, non, il fallait qu'il en sorte avant que ce ne soit trop tard. On a toujours le choix, Lou. Peut-être que tu ne veux tout simplement pas y penser. Pourtant, tu devrais... Je me montrais dure avec lui, tellement dure. J'étais en train de le forcer à faire ce que moi même je ne pouvais faire. J'étais égoïste, égoïste et tout simplement trouillarde. J'osais à peine le regarder, de peur qu'il ne comprenne tout cela. Je tentais de maintenir les apparences, pour préserver mon secret. Quand bien même. Il saurait juste que je suis amoureuse, que je sais ce qu'il ressent, mais jamais au grand jamais il ne découvrirais le nom qui était inscrit dans mon âme.

Je lançais un regard vers l'infirmière, à l'autre bout de la pièce. Un soupire s'extirpa de mes lèvres alors que j'en revenais à lui. De toute façon, ce n'est pas possible, on le sait tout les deux. Impossible. J'avais pourtant exclus ce mot de mon vocabulaire, je l'avais bannis pour détruire le mur qui me séparait de lui et là, je le reformais pour en construire un entre lui et elle. J'étais un monstre, un magnifique monstre. J'espérais simplement qu'il ne le saurait jamais.

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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Dim 12 Déc - 9:37

    Je tentais tant bien que mal de fuir le regard de ma sœur aînée, suite à ma réaction étonnement agressive vu mon caractère extrêmement tranquille. Je n'étais pas celui qui se mettait en colère facilement, loin de là. Au contraire, souvent, mon père se fâchait que moi-même, je ne m'énervais pas face à certaines situations, voyant mon impassibilité comme une ignorance, ou une marque de faiblesse. Cependant, j'étais loin d'être stupide, je comprenais les choses très rapidement, mon manque de réaction demeurait uniquement une partie de ma personnalité, une facette qui avait pour ultime but de me protéger des autres, méfiant comme j'étais devant tout ce que pouvait accomplir l'espèce humaine. Était-ce alors une faiblesse d'être prévoyant ?

    Mais tout ça, Maïa le savait. Elle en avait conscience mieux que n'importe qui sur cette planète, mieux que mon père, ma belle-mère, même mieux que Cohnaan et Bonnie qui me connaissaient depuis le jour de ma naissance. On était fait de la même façon, en quelque sorte, et cette similitude nous reliait indéniablement. Lien qui s'avérait parfois aussi bénéfique que maléfique. L'on ne pouvait posséder un secret, aussi minime soit-il l'un pour l'autre. A chaque état d'âme, à chaque pensée, à chaque regard perdu, l'on était découvert. Cela pouvait souvent paraître comme une véritable menace, bien que souvent, c'était d'un soutien crucial. Maïa demeure une personne tellement unique et important à mes yeux que, même si parfois je souhaiterais qu'elle ne soit pas si douée pour lire en moi, je ne peux le désirer bien longtemps. Car sans cette facilité que l'on partageait, l'on perdrait tellement d'éléments riches de notre relation. C'était singulier, tout à fait unique, spécial. Je ne pourrais pas cracher dessus. C'était trop beau, et honnêtement, n'ayant jamais été très habile avec les mots, le fait que Maïa me comprenne de cette manière, directement et purement, s'avère souverainement parfait.

    Je sentais la surprise croître en mon interlocutrice. Forcément, je venais de me vendre de manière si flagrante. Elle y verrait toutes mes illusions, si fragiles mais pourtant auxquelles je m'attachais comme si ma vie en dépendait. Le comprendrait-elle ? Maïa, la jeune femme ravissante qui fait tourner les têtes sur son passage ? L'adolescente forte au grand cœur, bien que celui-ci ne s'avère généralement qu'une merveille bien gardée ? L'intelligente et l'ambitieuse, celle qui n'avait jamais de mal, vraiment. Comprendrait-elle à quel point Elizaveta pouvait avoir de l'importance pour moi ? Pouvait-elle assimiler tout ce qu'elle évoquait, que si elle m'enlevait l'infirmière, c'est comme si elle arrachait une énorme toile d'araignée dans laquelle j'étais ficelé si étroitement, qu'il serait improbable que je m'en sorte indemne. S'en rendait-elle compte, de cette énorme emprise, déjà si gigantesque alors qu'il n'y avait – soyons honnêtes – strictement rien ? J'avais conscience que je n'étais qu'un élève, et sans aucun doute le moins intéressant de tout le collège de sorcellerie. J'avais conscience que c'était stupide d'être épris de cette femme inaccessible si rapidement, d'un seul coup, comme si là n'était que le couperet de la Fatalité.

    « Elle n'est pas comme cela? Vraiment? Comment peux-tu en être certain, tu l'as connais à peine. »

    S'il était possible que je disparaisse dans la minute, je l'aurais fait. Maïa était, sans nul doute, la voix de la raison dans tout cela. L'opinion général. Ce que n'importe qui de sensé dirait. Pourtant, j'aurais pu donner tout ce que j'avais pour apercevoir une lueur d'espoir dans ses dires, un appui, aussi minime soit-il. N'importe quoi, du moment qu'elle ne me prenait pas pour le garçon fébrile naïf qui est ensorcelé à la première jolie femme qui passe devant ses yeux. Faux. Ce n'était pas la première jolie femme. Pourtant, c'était celle là. C'était celle là, juste celle là, aucune autre. J'avais eu mon lot de filles désireuses de m'approprier comme leur jouet, et elles s'étaient avérées bien plus belles qu'une goule édentée ou n'importe quelle créature. Cependant, voilà, c'était elle. Elle, l'infirmière étrangère, qui était impossible de prononcer mon prénom. Prénom qu'elle m'avait promit de s'exercer à articuler correctement, bien qu'à l'heure actuelle, je doutais qu'elle s'en rappelle encore. J'aimerai tant écouter cette petite voix innocente qui dit d'y croire. Pourtant, comment faire lorsqu'elle est écrasée si férocement par une sœur aux paroles plus que véridiques ?

    Je déglutissais, impuissant. Que lui dire ? C'était vrai que je ne la connaissais pas. Ce n'était qu'une intuition, ou alors, un désir à ce qu'elle soit comme ça. A ce qu'elle soit l'idéal que je m'imagine. Mais Maïa avait parfaitement raison : je la connaissais à peine. Tout ce que je savais à son propos, de source primaire, était tellement minime que c'en était ridicule. Je connaissais mieux n'importe quel élève de Salem que l'objet de tous mes enchantements. J'articulais simplement, piteux :

    « J'y peux rien. C'est juste comme ça. »

    Et c'était vrai. Comment lutter ? Je n'y pouvais rien. Tout simplement rien. Pour l'oublier, il me faudrait un coup de massue monumental. Que toutes mes illusions fragiles à son égard soient désenchantées une bonne fois pour toute. Que j'aille voir ailleurs, bien qu'en ce moment précis, cette idée me semble plus que saugrenue. Je me sentais pourtant tellement ridicule d'être aussi entiché d'elle. Comment pouvait-il être sain d'esprit d'être aussi fasciné, d'être aussi émerveillé, d'un être humain, en si peu de temps, et à un degré si intense ? Ça relevait du surnaturel. Je ne pouvais l'expliquer, comme je ne pouvais m'en défaire de moi-même. Tout ce qui était en mon pouvoir demeurait en m'y résigner lâchement.

    « On a toujours le choix, Lou. Peut-être que tu ne veux tout simplement pas y penser. Pourtant, tu devrais... »

    Je levais finalement les yeux sur ma sœur, fixant son regard. Le choix ? Quel choix ? Entre l'oublier ou entretenir cette admiration malsaine ? Y penser ? Bien évidemment, que j'y avais pensé. Bien évidemment, que j'avais passé des heures entières à tourner cette histoire troublante dans tous les sens possibles dans mon esprit, à la comprendre, à l'annihiler, à l'amplifier. J'étais passé par tous les chemins imaginables. Si cela était mon devoir, il avait été accomplit oui. Mais seulement du niveau théorique. Car jamais je n'avais mit tout cela en pratique. Jamais aucun des arguments que j'avais pour contrer mon affection toute particulière pour la jeune infirmière n'avait suffit. Puisque sincèrement, à quoi bon ? A quoi bon s'en priver ? En quoi cela se caractérise tel un crime ? En rien. Pourquoi l'arrêter alors que je me complais dans ce manège plus ou moins douloureux ? Parce que l'arrêter me procurerait un vertige tel que je n'ose même pas imaginer les répercussions. Pourquoi m'affliger ce mal, alors ? Je n'ai rien fait de mal. Depuis quand est-ce un délit de regarder quelqu'un discrètement ? Ça ne l'a jamais été. Alors par tous les Bonnets Rouges de la Grande-Bretagne, pourquoi choisirais-je de m'en priver ?

    « De toute façon, ce n'est pas possible, on le sait tout les deux. »

    Voilà. Parlons règlement de Poudlard. Parlons même Poudlard, tiens ! A quoi bon faire mes études. Je ne suis qu'une pâle copie de Bonnie, je m'en fiche, de la magie ! La seule raison pour laquelle je l'étudie avec tant de ferveur, c'est parce que je veux prouver qu'elle a une utilité. Le seul moyen de prouver cela constituera en ressuscitant ma mère. Je suis buté, névrosé et psychotique. Mais je n'ai pas besoin du château ! Je n'ai pas besoin de tous ces cours dont je connais déjà toutes les réponses pour avoir lu des livres les uns à la suite des autres inlassablement, devenant un véritable érudit en bout de ligne. Alors, quitter Poudlard ne m'importera peu. Si jamais il y avait l'infime probabilité que je puisse être avec Elizaveta, je résoudrais ce problème sans aucun regret. Et puis même, il me reste que deux ans ici. Deux misérables années ! Les règles sont tellement idiotes. Mais en soit. En quoi ça demeurait impossible ? En quoi ces règles, l'âge, le lieu, pouvait contrer l'Amour ou quelconque sentiment ? Ne dit-on pas qu'il n'a pas de limites, de barrières, qu'il franchit tout, absolument tout. Ce ne sont certainement pas deux ans et un règlement qui me freineront.

    « Ni toi ni moi le croyons, Maïa. Ces règles n'ont aucun sens. Tu peux me dire que je n'ai aucune chance avec elle pour les personnes qu'elle et moi sommes. Mais ne me dit pas que Poudlard ou quoi que ce soit peut empêcher ça. »

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MessageSujet: Re: Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. Lun 20 Déc - 22:08

Ni toi ni moi le croyons, Maïa. Ces règles n'ont aucun sens. Tu peux me dire que je n'ai aucune chance avec elle pour les personnes qu'elle et moi sommes. Mais ne me dit pas que Poudlard ou quoi que ce soit peut empêcher ça. C'était sans doute l'une des plus longues phrases qu'il ait du prononcé en ma présence. C'est d'ailleurs ce qui m'inquiétait. La moindre de ces réactions me faisait comprendre à quel point il tenait à cette femme que je détestais déjà, comme ça juste parce qu'elle avait dérobé le cœur de mon frère. Il était lui aussi prisonnier de cet amour destructeur qui le faisait se sentir vivant et pourtant, qui lui était douloureux. Je le savais. Je le savais pour l'avoir ressentis. Je le savais parce que c'est ce que je ressentais pour Cohnaan. J'aurais voulu le lui dire. j'aurais voulu le lui avouer. Qu'il comprenne qu'il n'était pas seul et que c'est bien pour cela que je voulais m'éloigner de ce fruit défendu. Ce mensonge me brulait les lèvres depuis bien trop longtemps, mais j'étais tenue au silence, ses lèvres à lui ayant scellé ce terrible secret qui m'était pourtant impossible de lui cacher à lui, mon frère, peut-être pas de chair et de sang, mais mon frère tout de même, au même titre que Lily, au même titre que Bonnie, à des années lumières de Cohnaan. Non, je ne le croyais pas. Bien sure que non. Du moins, pas de la façon dont il l'entendait. Il se méprenait sur ce que j'avais voulu lui dire et de ce fait, il avait une bien piètre opinion de ce que je pensais de lui et de ses capacités à séduire l'élue de son cœur. Je m'interdisais de le blesser de la sorte, non, sa douleur ne devait pas exister, du moins, pas comme cela. Je hochais doucement la tête à la négative, mes mains venaient emprisonner son visage entre elle. Je le toisais intensément, je le toisais, allant au delà d'un simple regard, au delà des mots, au delà de tout, risquant à tout moment de briser les silences et de mettre la lumière sur les non-dits. Je venais poser mon front contre le sien, comme on le faisait lorsqu'on était petit. je lui adressais un sourire, tendre et doux. Tu sais que ce n'est pas ce que je veux dire. Ma voix n'était qu'un murmure, à peine audible. L'instant d'après, j'avais repris ma place initiale, comme si je n'avais pas bouger le moins du monde. Le dos posée contre la table de notre maison, au même titre que mes coudes, les jambes croisées. La seule différence était que mon regard était plongé dans le vide, je scrutais le néant à la recherche d'une solution, tout devant moi.

Il ne devait pas comprendre ce que je voulais lui dire, tout simplement parce qu'il ne connaissait pas toute l'histoire. Tout simplement parce qu'il ne savait pas ce que je savais, il ne savait pas que j'étais capable de le comprendre bien plus qu'il ne le croyait. Moi même, j'avais détruite toute ses barrières, je les avais franchie comme si elles n'avaient aucune importance et aujourd'hui, j'en souffrais, parce que lui même n'avait pas franchit ces barrières. Plus encore, je savais à quel point un tel amour pouvait être néfaste. C'était comme oublier une partie de nous pour vivre à travers cette personne que l'on aimait tant. On avait beau se sentir plus vivant que jamais, on perdait une partie de nous même dans le regard de l'autre et dans la moindre de ses attentions. Cela avait quelques choses de malsain, autant d'avoir, autant de passion. Nous étions les même, lui et moi, bien plus qu'on aurait pu le croire. J'étais habitué à le comprendre, mais nous entrions dans une toute autre dimension, puisque je ne faisais pas que de le comprendre, je ressentais comme lui et cela m'effrayais un peu. Cela n'a rien avoir avec Poudlard. Cela n'a rien avoir avec ce que tu es. cela n'a rien avoir avec ce qu'elle est, même si je désapprouve complètement le fait qu'elle ait pu faire quelques choses qui t'ai poussé à croire que c'était possible. Cela n'a rien avoir avec tout cela, Lewis, c'est plus compliqué. Le problème c'est ce que tu ressens. C'est la force de tes sentiments pour elle. Je sais quelle douleur cela pourrait t'infliger. Je sais quelle douleur cela te fait maintenant, même si, paradoxalement, cela fait naître en toi des sensations extraordinaires que tu n'avais jamais connu et que, probablement, tu ne ressentiras plus après elle. Je ne le regardais pas, je parlais à voix basse, pour que lui seul puisse entendre, mais je ne le regardais pas, pour ne pas qu'il voit à quel point ça m'atteignait, que ça me touchait plus que par rapport à lui.

Lewis
Maïa

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