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cohnaan&lewis • this life is filled with hurt

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⊰ PARCHEMINS : 114
⊰ INSCRIPTION : 07/11/2010
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MessageSujet: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Lun 31 Jan - 9:43


cohnaan&lewis • this life is filled with hurt




Tout cela ne menait à rien, ne mènerait jamais à rien. Voici le schéma si pessimiste mais pourtant irrévocable qui s'exposait à moi. Les heures de sommeil se faisaient de plus en plus rares depuis mon arrivée à l'école de sorcellerie Poudlard. Je ravageais les différentes bibliothèques, empruntant et dévorant les livres un par un, lisant chaque ligne, retenant chaque mot, le mémorisant, oubliant mes études par-derrière, oubliant une possible vie sociale, rejetant même ma famille dans le seul but de lire ces nouveaux livres. A ce rythme là, je les aurais tous absorbés dans quelques mois à peine, tel un gougeât avide de savoir. Pourtant, ce n'était pas le savoir que je recherchais si intensément : c'était la vérité, la raison, des réponses. Et si je ne les avais jamais, je promets que l'implosion qui s'imposera dans tout mon être témoignera du gigantesque. L'impatience commençait déjà à me tirailler, je devenais de plus en plus irritable, et surtout, il valait mieux que personne ne me cherche des noises, ni même ne m'adresse la parole. Cela faisait désormais plusieurs mois que je ne jugeais utile de répondre aux missives envoyées par mon géniteur et son épouse, des lettres quêtant de mes nouvelles. Je laissais le soin à ma fratrie d'annoncer que j'étais encore en vie, je n'avais cure de ces enfantillages, et surtout, je n'en avais pas le temps.

Pourtant, la fatalité se faisait de plus en plus imposante. J'en avais marre d'essuyer tout ces culs-de-sac, toutes ces voies sans raisons, tous ces échecs. Je voulais qu'enfin, cela se termine, enfin mettre un terme au fléau duquel le décès de ma mère m'avait englobé tout entier. Je voulais vivre, tout simplement, et achever ce but, y trouver grâce. Les nerfs me lâchaient, je me sentais tellement au bord du gouffre, que je n'éprouvais même plus le désir d'être ici, à Poudlard. Cet espoir déchu, cette fausse joie. Rien de rien, je perdais, tout. Poudlard ne pourrait rien m'apporter, tout comme ces feuilles de parchemin que je tournais perpétuellement, tel une punition masochiste. Certains professeurs semblaient prendre un vil plaisir à m'interroger sur les raisons des cernes se concrétisant sur mon visage d'ordinaire si angélique. Je ressemblais plus vraiment à grand-chose, en fait. Mais de toute manière, à quoi bon ? Je ne souhaitais plus jouer le chaud et le froid avec Elizaveta, j'en avais marre d'être rétrogradé au terme de jouet de l'infirmière qui finirait par sortir avec cet idiot de maître. Encore une cause perdue. Je les enchaînais, décidément. Et tandis qu'Elizaveta me brisait un peu plus le cœur, je recevais les avertissements, les menaces de la part des autres membres du personnel. Il n'y avait que la bibliothécaire qui n'avait rien à dire sur mon cas, manquerait plus que ça d'ailleurs. Certains s'imaginaient que s'ils prévenaient mes parents – ou m'avertissaient de le faire -, que s'ils me collaient en retenue, mon comportement s'améliorerait. Foutaise. La force ne marche aucunement avec moi, tous leurs préceptes ne font que couler sur moi, ne m'atteignant en aucun cas. Si gaspiller de l'encre leur fait si plaisir, qu'ils y aillent, ce n'est pas moi qui irais leur tordre le poignet.

Cours de métamorphose. Les profs, visiblement, tu leur donnes un doigt, ils veulent le bras. Ne pourraient-ils pas se contenter de mes résultats scolaires excellents – lorsque je m'endors pas sur ma copie, tout du moins - ? Non. Bien sûr que non. Ils se prennent pour Dieu, un être omniprésent qui veille à tout et nous dirige indubitablement tels des pantins. Sacrés despotes, tout de même. Au fond de la salle, à côté de la fenêtre dont les faibles rayons du soleil peinaient horriblement à traverser les épaisses écharpes de brume, j'essayais de garder mes yeux ouverts. Mes voisins de table dessinaient, notant par-ci par-là quelques dires du professeur. Et moi, la tête appuyée sur mon bras traversant en largeur la table faisant office d'oreiller, j'attendais que l'heure passe. Sécher m'apporterait que des soucis, je n'avais qu'à endurer cette étendue de savoirs que je connaissais déjà, qui plus est. Finalement, cinq minutes suffiraient à m'assoupir... Le décompte est commencé.

« CALLAHAN »

Je sursautais, la tête néanmoins toujours appuyée sur mon bras. Je pensais vaguement au rêve fou que je venais de faire, tandis que je sursautais de nouveau en croisant le regard pers du professeur courroucé. Visiblement, il n'avait pas apprécié que je fasse un petit somme. Nonchalant, indifférent, je tente laborieusement de soulever un peu plus mes paupières d'une lourdeur excessive, captant à demi son regard. Le silence se fait parfait dans la salle, tandis que j'éprouve les plus grandes difficultés à assimiler les mots qui sortent de sa bouche à une vitesse étourdissante. Je comprends finalement le mot « devoir » et j'élucide le reste de la conversation. Visiblement, il y avait un devoir à faire. Mh. Quel dommage.

« Dois-je en déduire qu'encore une fois, vous n'avez rien fait ? »
« Non. » articulais-je, ensommeillé.
« Non vous n'avez rien fait, ou non je ne dois pas le déduire ? » un regard dédaigneux, j'eus à peine le temps de mouvoir mes lèvres de quelques millimètres qu'il reprenait « Inutile, je connais déjà la réponse, rendormez-vous donc. »

Je ne me fis pas prier. Ce qu'il prit, à la fin de l'heure, comme un acerbe affront.

Une main passe sur mon front, je frémis doucement et ouvre de nouveau mes yeux. Je me redresse devant le vide absolu dans la salle de classe. C'est l'heure du déjeuner, et ma cadette se situe juste devant moi, ses longues cheveux blonds virevoltant au-dessus de son crâne. Elle rit sans raison apparente, et mouve certaines des mèches indociles de mes cheveux comme pour essayer de me coiffer. Je souris tendrement, alors qu'elle se love entre mes bras. Elle murmure quelques paroles à propos du professeur qui l'a envoyé ici et du fait que celui-ci lui fait aussi peur que Mewto. Je dépose un baiser sur son front et elle me tire par la main jusqu'à l'extérieur de la salle de classe. Elle me propose une course jusqu'à la Grande Salle, que j'accepte bien que je n'ai en aucun cas l'intention de courir. Elle sourit de toutes ses petites dents et se précipite vers les étages inférieurs. Je me stoppe au milieu d'un couloir, fronçant légèrement les sourcils, avant de me retourner, reconnaissant inévitablement deux élèves qui m'avaient précédemment cherché des noises. Bizarrement, je les haïssais réellement. J'ai bien trop d'orgueil pour expliciter précisément pourquoi, mais il n'était pas rare que le soir je chasse le sommeil, tellement la haine me tenait éveillé et la vengeance me happait. Je rêvais de revenir en arrière pour leur faire payer ce qu'ils m'avaient fait endurer et... Le mépris que j'entretenais à leur égard n'avait aucune limite. L'on dit qu'il ne faut jamais se laisser atteindre par les autres, et bien que j'ai obéit à cet adage, voilà l'exception qui fait que je ne le respecte plus. Une réplique suffit pour que j'extirpe ma baguette de la poche de mon pantalon et, d'une rapidité déconcertante, plaque l'un du duo au mur. Je n'étais pas gros, je n'étais pas costaud, pourtant, ma main se refermait déjà contre sa gorge, ma baguette s'enfonçant entre mes propres doigts de plus en plus profondément, l'élève suffoquant. J'apercevais du coin de l'œil sa compagne tirer sa baguette et d'un mouvement rapide, l'envoyait valser contre une armoire du couloir. La vitre se brisa en mille morceaux, encastrant douloureusement l'élève à l'intérieur de celle-ci. Voilà toute ma fureur exposée. J'attirais de nouveau ma baguette sur l'appenti-sorcier, arborant un regard noir et outragé qui ne me ressemblait aucunement, que personne, ni même les gens de ma propre famille, aurait pu croiser. Même lors de ce dîner à table, suite à la mort de ma génitrice, mon regard n'avait été si obscur. Ici, il n'y avait que de la haine, aucune déception, aucun regret, aucune tristesse. De la haine à l'état pur et brut.


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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Mar 22 Fév - 11:35

"Cohnaan". La voix d'un gamin. Un simple murmure. Je la connaissais bien cette voix. Pourtant mon cerveau ne parvenait pas à émerger du brouillard qui l’abritait depuis bientôt deux heures. Et puis je n'avais même pas la force d'ouvrir les yeux, tant mes paupières étaient lourdes. Des vacances bien méritées... Cette année était éprouvante. Je donnais le meilleur de moi-même, et ça me coûtait toute mon énergie. Et puis j'avais cet odieux présentement, quelque part dans mon corps, qui me rongeais. Mon estomac était en vrac. "Cohnaan" répéta la voix. Chut. Je devais être en train d'halluciner. La fatigue me faisait souvent rêver des choses étranges, voilà tout. Tout ça n'était pas réel. Non, pas du tout. Le soleil me brûlait la peau. Merde. J'étais où? Tss. Je ne m'en souvenais même plus. "Cohnaan" repeta pour la troisième fois le gamin, cette fois un peu plus fort. Finalement, mon esprit n'était peut-être pas en train d'halluciner. J'essayais de reprendre possession de mon esprit, jusqu'alors engourdi par la fatigue. Mon corps se réveilla quelque peu, lui aussi. J'étais allongée dans de l'herbe brûlante. Mes paupières étaient de plus en plus lourdes, à mesure que j'essayais de les ouvrir. Pourtant mes yeux furent confronté à la lumière du jour, l'espace d'une demi-seconde, avant de se refermer à nouveau. J'eus juste le temps d'apercevoir un visage aux traits fins, celui du gamin assis à côté de moi qui prononçait mon nom depuis quelques minutes. Lewis. "Loulou?" Ma voix raque résonnait à son tour. Je posais cette question alors que je connaissais déjà la réponse. Bien sur c’était lui, je le savais. Il semblait l'avoir compris. Il économisait sa salive. "Viens." J’attrapais son poignet pour qu'il s'approche de moi, ce qu'il fit sans se faire prier. Il posa sa petite tête sur mon torse, comme il avait l'habitude de le faire, lorsqu'on passait du temps ensemble. Moi, je me contentais de disposer mon bras autour de ses épaules. Je poussais un soupir. Nous n'avions pas besoin de mots pour nous comprendre. Un regard, et même une étreinte suffisait. Je lisais en lui comme dans un livre ouvert. Je savais que nous partagions cette même peine constante, causée par notre mère. Notre père nous avait privé d'elle bien trop jeune. Ils avaient divorcés, voilà tout. Et maintenant nous étions obligés d'évoluer dans cette famille recomposée, sans elle. Et rien n'arriverait jamais à combler le vide qui s'imposait en nous un peu plus, de jour en jour. Rien. Nous nous accrochions tel que nous le pouvions. A deux, on arrivait à surmonter ça, tant bien que mal. On aimait notre famille, certes. Mais il nous manquait quelque chose, voilà tout. Et ce manque était infligé par le vide laissé par le départ de notre génitrice, que nous voyions si peu. Elle nous manquait autant à tous les deux, et on le savait parfaitement.

J'ouvrais petit à petit les yeux. Nous étions dans le jardin familial, à même le sol. Le soleil frappait très fort, mais cela ne nous incommodait pas. Lorsque nous étions ensemble, plus rien ne comptait. Plus rien du tout. Sa respiration était lente. Ma main droite vint caresser ses cheveux doux, tandis que j'observais les nuages et leurs formes étranges. Le simple fait d'être avec lui me faisait oublier la fatigue. J'oubliais tout. "Je t'aime p'tit frère." Pour simple réponse, et comme s'il avait épuisé son quotta de parole dans la journée, il resserra son étreinte. Un nuage qui ressemblait à une voiture. Bonnie adorait ça, les voiture. Enfin, elle adorait tout ce qui se rapportait aux moldus. Cette idée me fit rire. Soudain mon coeur s'affola dans ma poitrine, sans que je sache pourquoi. Une vision me vint en tête. Une voiture, hors de contrôle, plongeant d'une falaise, dans un bruit immonde. Le hurlement était insupportable.

Inspirant bruyamment, ma tête, jusqu'alors enfouie dans mes bras, se releva en vitesse, en même temps que mon buste. Mon dos s'enfonça dans le fauteuil de mon bureau, tandis que j'essayais de retrouver une respiration régulière. Un mauvais rêve. Juste un mauvais rêve. Enfin, juste vers la fin. Je n'arrêtais pas de repenser au passé. Mes rêves semblaient me torturer avec ça. Cette voiture... Cette falaise... Cet accident... J'avais dû le voir des millions de fois dans mes rêves passés. Ce hurlement, je le reconnaissais. Je l'identifiais comme étant celui de ma mère, lorsqu'elle s'était rendue compte que c'était fini, et qu'elle allait mourir. Pourtant je n'avais pas été à ses côtés ce jour là. Comment pouvais-je m’imaginer à quoi avaient ressemblé ses derniers instants? Je secouai la tête violemment, comme si je voulais remettre mes idées en place. C'était peine perdue. J'avais dû m'assoupir dans mon bureau, en corrigeant quelques copies des quatrième années. Je pris une profonde inspiration, avant de placer mes coudes sur le bureau en prenant ma tête entre mes mains. C'était plus facile pour penser. Je me surpris à fixer sans vraiment le voir le feu accueillant crépitant dans la cheminée disposée en face de moi. Cette scène avec mon petit frère avait bel et bien eu lieu, je le savais. J'en étais même persuadé. Je m'en souvenais. J'avais seize ans à cette époque. Lewis en avait à peine cinq. Beaucoup de choses avaient changés depuis. Des années s'étaient écoulées. Pourtant, j'avais l'impression que cette scène datait d'hier.

Ressasser le passé était parfaitement inutile, je le savais. Pourtant c'était plus fort que moi. Je me levais de mon fauteuil bien confortable, car la faim se fit ressentir dans mon estomac. Mon bureau se trouvait au sixième étage. La raison de cette localisation, je l'ignorais d'ailleurs. Quoi qu'il en soit je sortis de mon bureau, l'esprit encore bien retourné par le rêve que je venais de faire. Je rejoint le couloir principal, dans lequel je vis une scène qui me surprit. Une fille était à terre, sa baguette non loin d'elle. Elle semblait avoir été projetée dans l'armoire présente tout près d'elle, qui avait subit des dégâts certains. Et puis en face, il y avait... Lewis, qui avait plaqué un garçon contre le mur, sa baguette braqué sur lui, et son autre main plaquée sur sa gorge, le faisant suffoquer. Son regard me rappelait celui qu'il avait eu après la mort de notre mère. Les mots qu'il avait prononcé me revinrent en tête, comme s'il était en train de les redire, en cet instant. La fille qui avait littéralement valsé contre l'armoire se releva, choquée, ramassa sa baguette, et s'enfuit en courant, après avoir remarqué ma présence. Cependant, la baguette de mon frère était toujours pointée sur le garçon plaqué contre le mur, et sa main était toujours plaquée contre sa gorge. "Lewis, lâche le." dis-je d'un ton grave et serein à la fois. J'étais à quelques pas de lui, et j'étais certain qu'il reviendrait à la raison. Pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher de penser au regard qu'il avait, et à la façon dont il retenait "prisonnier" le garçon. Il semblait souffrir plus que je l'avais imaginé, mon petit frère. Avais-je manqué quelqe chose? Il était vrai qu'il m'évitait ces derniers temps, et qu'il était plus distant que d'ordinaire... Je voulais comprendre.



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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Sam 26 Fév - 5:53

Je ressentais son pouls entre mes doigts, ce pouls qui s'accélérait, fuyant, alors que je tentais de l'éteindre, sans penser aux moindres répercussions. Probablement n'aurais-je jamais la force d'assassiner cet élève, probablement jamais je n'userais de sortilèges mortels contre lui, pourtant, le désir croissait en intensité. J'avais envie qu'il gît à mes pieds, j'avais envie de sentir son âme quitter son corps à tout jamais, je désirais que cet adolescent là ne vive plus, n'ait plus le droit de vivre. Je voulais jouer aux dieux pour une fois, juger qui a le droit de vivre ou non. Et celui-ci ne méritait en aucun cas sa vie, il ne méritait rien, rien de plus que mes doigts se refermant progressivement autour de son maigre cou.

J'entendais quelques pas, puis la compagne de l'apprenti-sorcier que je retenais s'évader lâchement. Lui faisais-je peur ? S'était-elle dissipée afin de requérir de l'aide pour son cher ami ? Ou alors, quelqu'un d'autre était apparu, un membre du personnel ou d'une qualité s'y approchant, et elle fuyait les ennuis. Je plantais mes yeux dans les pupilles sombres de ma proie et remarquais une lueur d'espoir vacillant dans celles-ci. Il semblait rassuré, et rien que cette vision me procurait l'irrépressible envie de le faire souffrir davantage. Je serrais davantage les dents, mes doigts esquivant le même mouvement si bien que l'élève émit un léger couinement. Puis, une voix coupa tout, une voix lointaine brisant tout le nuage de rage qui m'englobait. Une voix qui retentit quelques instants dans ma boîte crânienne avant que daigne assimiler les mots, chaque terme comme ayant un sens, signifiant quelque chose de particulier, puis s'attarder sur son timbre, sur cette voix familière, si familière. Je déglutis, mes sourcils se fronçant dans une indéniable expression de tristesse alors que je relâchais enfin l'emprise que j'avais sur l'élève, qui tomba mollement contre le sol, se massant le cou de ses mains et jetant un regard désapprobateur envers Cohnaan, comme s'il le jugeait responsable du comportement de son cadet.

J'inspirais profondément, mes bras retombant mollement contre mes flancs, ma baguette à peine retenue entre mes doigts crachant de sinistres étincelles. Je baissais la tête, comme j'avais l'habitude de le faire lorsque j'étais encore enfant si je craignais les réprimandes de mon paternel ou lorsque j'étais en mauvaise posture, afin de cacher mes émotions, dans une singulière fierté. Pour l'occasion, il s'agissait d'un âcre mélange des deux. Je savais que j'avais à présent touché le fond, que le fait que ce soit Cohnaan qui ait assisté et mit un terme à cette scène n'augurait rien de bénéfique pour mon cas. Que j'avais déjà assez « fauté » dans l'environnement familial pour qu'on me laisse probablement une autre chance. Serais-je convoqué chez la Directrice de Poudlard ? Me jugerait-on pour mon comportement des plus dérangeants, happant désormais le violent ? Mon père serait-il mit au courant de mes nouvelles pratiques, moi qui m'était définit davantage comme un garçon pacifique qu'agressif ? Les questions passaient dans mon esprit sans que je développe l'une d'entre elles. Sur le coup, je ne voulais plus y penser, je ne voulais penser à rien. Se contenter d'agir selon des pulsions était devenu si jouissif, si facile. Même si dans ces cas-là, j'agissais mal selon les autorités du collège de sorcellerie Poudlard.

Je demeurais amorphe, sentant du mouvement autour de moi. Sur le coup, j'aurais apprécié me transformer en statue de pierre, me figer tout entier réellement, et qu'on ne prête aucune attention à ma personne. Je regrettais les projecteurs sous lesquels j'étais à l'instant placé, bien que je sentais que Cohnaan s'occuperait davantage du garçon plutôt que de moi d'emblée. Je finissais par tourner la tête dans la direction opposée des deux autres personnes présentes, une irrésistible envie de m'enfermer dans le dortoir des garçons de Salem me prenant. Mais au lieu de m'évader, mes pieds restaient collés au sol et je tentais tant bien que mal de calmer l'agitation intérieure qui régnait en moi. Je commençais déjà à regretter de l'avoir lâché, je regrettais de ne pas avoir été jusqu'au bout. De ne pas lui avoir imposé des séquelles, de véritables séquelles, qu'il conserverait tels des avertissements, des menaces, des punitions continuelles. J'en voulais à Cohnaan d'avoir cessé mon petit manège, bien qu'il avait évité que je m'attire de très gros soucis.

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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Lun 9 Mai - 5:35

Vous connaissez cette sensation qui vous prend au tripe, vous retourne le coeur, vous donne la nausée? Cette sensation qui vous coupe le souffle, qui vous met à terre, qui vous détruit l'esprit? Cette sensation que le temps vous file entre les doigts, que votre propre vie vous a échappé, que tout est joué d'avance pour vous? Non, vous ne voyez pas? Vous en avez de la chance. Pour moi, elle était omniprésente, et elle réduisait chaque instant de ma misérable vie à une salle d'attente, une salle d'attente du bonheur. Comment pouvais-je être heureux, sans remords, alors que ma famille tombait en morceaux, sous mes yeux.

Le pire supplice dans cette histoire, c'était que j'étais parfaitement incapable d'y faire quoi que ce soit. Mon pouvoir se réduisait à regarder Lewis aller de pire en pire, à regarder Maïa m'aimer de plus en plus fort, alors que tout entre nous était impossible, à regarder Bonnie haïr son monde un peu plus chaque jour, mais surtout à me regarder moi-même, dans le miroir, en train de me torturer l'esprit, avec ces problèmes impossibles à régler. Comment en étions-nous arrivés là? Nous, joyeux américains, heureux en surfaces, sombrions chaque jours un peu plus. J'aurais tellement aimé pouvoir affirmer que, oui, nous étions heureux, comme nos sourires parvenaient à le faire croire. Mais non, c'était faux. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé. "Lewis, lâche le."

C'était tout ce que j'étais parvenu à dire. Ce ton grave et autoritaire ne me ressemblait décidément pas du tout. Même après plusieurs années d’enseignement, l'autorité n'était pas mon fort. J'étais le prof' cool et décontracté, celui qu'on aime bien, celui qui pourrait figurer dans notre groupe d'ami. Je n'étais certainement pas cet homme déjà aigris qui use d'un ton méchant pour réprimander les élèves. Pourtant, face à mon frère, c'était le seul et unique timbre que j'avais pu adopter. Mon frère obéit, et lâcha le garçon, adoptant par la suite une moue enfantine que je reconnaissais bien.

D'un coup, j'eus vraiment l'impression d'avoir affaire à ce gamin de mon enfance, celui avec lequel je passais des heures à le câliner, sans avoir besoin de dire quoi que ce soit, celui qui se glissait dans mon lit presque tous les soirs, par peur de dormir seul... Je secouai la tête, chassant ces pensées maussades de mon cerveau. La concentration n'avait jamais été mon principal atout. J'étais distrait, et plus encore dans les situations de crise, comme celle-ci. "Tu viendras me voir dans mon bureau, demain. Compris?" lançai-je d'un ton conciliant au garçon qui était en quelque sorte la 'victime' de mon frère. Celui-ci ne dit pas quoi que ce soit, mais se contenta de hocher la tête affirmativement, et il partit sans nous jeter un regard dans la direction opposée à ma position.


Lewis fuyait mon regard, il regardait dans la direction opposée. Il n'avait même pas accordé d'attention au garçon qui venait de s'en aller. Pendant quelques minutes, on restait immobiles, telles deux statues parfaitement inutiles. Lui fuyant mon regard, et moi n'ayant aucune autre occupation que l'observation de mon petit frère. J'avais l'impression que des obstacles immenses nous séparaient, qu'il aurait fallu déplacer des montagnes pour que tout redevienne comme avant, pour que cette souffrance inutile s'arrête. "Dis moi ce qu'il t'arrive Lewis." Je brisais enfin le silence. Je n'en pouvais plus. Je ne demandais qu'à comprendre, pour qu'on trouve une solution ensemble, et qu'on puisse enfin tout réparer. Mais était-ce vraiment possible? Est-ce que cette situation pouvait changer? Est-ce qu'on pouvait accepter nos erreurs et enfin tout reprendre à zéro..? Mais merde, j'aurais tout donné pour revenir en arrière, refaire le monde, et offrir à cette famille la paix et le sourire sincère dont elle avait besoin. J'aurais tout fait, tout sacrifié. Jusqu'à ma propre vie même, pour leur simple bonheur. Mais pas une illusion. Le bonheur. Le vrai.

Cette distance me tuait, à petit feu. Il m'était indispensable, et j'avais à présent peur que ça ne soit plus réciproque. J'avais peur d'être plus dépendant de mon plus jeune frère qu'il ne l'était de moi. "J'ai besoin de comprendre.." C'était la seule chose que je demandais. Comprendre..


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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Mar 10 Mai - 5:14


    L'être humain peut être assez étrange, assez incontrôlable, même pour la personne qui le contrôle. Lorsqu'on se met en colère, on perd forcément ses moyens, tandis que d'une certaine manière, on est toujours maître de notre corps, de nos pensées, de nos états d'âmes. Il s'agit de la même histoire lorsqu'on se met à pleurer, bien souvent, lorsque les premières larmes commencent à couler, c'est comme si elles invitaient toutes les autres de votre corps à les suivre et vous ne pouvez rien y faire. Singulière impuissance que voici, tels les tremblements de la peur, les volontés du cœur. On ne peut expliquer, on ne peut même s'expliquer. L'on ressemblerait presque à des marionnettes de nous-même, conditionnées pour rire, pleurer, craindre, désirer. Des pantins aux ficelles effilochées. La tête baissée, entamant une contemplation invisible envers le bout de mes chaussures sombres, je refusais de voir mon frère aîné. Comment étions-nous arrivés jusqu'ici ? Par de malheureux jeux du sort, des circonstances particulières, une famille renouvelée, abandonnant un autre nid que beaucoup de ses membres auraient voulu voir perdurer. Je ne m'étais jamais guéri de la mort de ma mère, c'était une évidence. J'empruntais un peu les montagnes russes des sentiments dans son cas. Aller pire pour aller mieux et aller de nouveau moins bien. Je n'étais pas au même stade dramatique que celui que j'avais été les premiers temps suivant la disparition de ma génitrice, mais disons que je n'étais pas très reluisant non plus.

    Espérer faire revivre sa mère, une illusion que personne ne pourrait comprendre, que tout le monde trouverait stupide. Basée sur une autre illusion, celle que la magie peut tout résoudre. J'essayais depuis des années de trouver la formule magique, c'était le cas de le dire, pour ramener ma mère à la vie. J'y passais des nuits blanches, et dès que j'avais une piste, je vivais que pour elle. A Poudlard, j'avais eu droit à de nouveaux livres et grimoires qui n'étaient pas présents dans la bibliothèque de Salem et ainsi, je m'étais épuisé à les lire. J'avais déniché quelques éléments intéressants, je m'étais lancé dans la magie de l'ancien culte, puis ensuite, initié à la magie noire. Bien entendu, personne ne se doutait que j'étais si acharné, que j'avais fait tant de chemin, touchant l'irréparable. Personne n'aurait pu se douter que j'avais été jusqu'à briser la baguette magique d'une étudiante pour essayer quelque chose, récupérant le cheveu de vélane qu'il y avait à l'intérieur. Et probablement personne ne le saurait. Je n'avais jamais eu besoin des mots, j'avais toujours porté mes secrets seul, ou du moins, je n'avais jamais recherché ou eu à les partager. La seule chose que j'avais souhaité était l'affection et l'amour ainsi que la protection de mon frère lorsque j'étais petit. A l'heure actuelle, je me la jouais en solitaire, et sans doute craignais-je que Cohnaan découvre tout ce qui se tramait dans ma tête, toutes les mauvaises actions que j'avais accomplit pour réaliser cette fantaisie qui pourtant, me permettait de tenir le coup, tout en, paradoxalement, ne pas faire le deuil de ma mère et accepter qu'elle soit partie pour toujours.

    Pourtant les temps étaient dures. J'avais beau tout essayer, rien ne marchait. La magie semblait vaine contre le rythme de la vie, et cela me dégoûtait au même point que Bonnie désapprouvait pas la magie. De plus, ça faisait naître en moi cette haine inestimable, cette impression d'avoir tout perdu, que tout ne sert à rien. Que la vie est bien superflue, que la magie est nulle. Me faire « taquiner » par d'autres élèves était bien minime comparé à toute cette frustration et cette tristesse qui résidaient en moi et croissaient à mesure des jours ; cependant, les agresser était vraiment jouissif. Une sorte de moyen d'excommunier ses démons et laisser filer un peu de ces sentiments amers. Mais ça aurait été trop beau pour durer, et au final, je me faisais autant de mal, sinon plus, que ce que j'imposais à cet élève. Ses blessures n'auraient été que physiques, tandis que les miennes étaient si profondes que j'implosais littéralement. Valait-il le coup de montrer tout cela à mon frère en croisant son regard ? De lui faire comprendre à quel point j'étais descendu bas, à quel point j'étais misérable, à quel point je pourrais le décevoir en me transformant en cette sorte d'animal fou, de monstre.

    « Tu viendras me voir dans mon bureau, demain. Compris? »

    Un court instant, je me demandais s'il s'adressait à moi ou à l'autre élève. Bien que cela m'aurait étonné que Cohnaan me relaye au deuxième rang, pour le coup, à moins qu'il ait un plan ou quelque chose à me montrer. Mes réflexions s'avérèrent rapidement aller dans le bon sens lorsque j'entendais l'autre élève s'éloigner du lieu qui se définissaient désormais, mis à part la présence des deux Callahan, comme désert. Un silence s'installa, pendant lequel j'essayais de calmer ma respiration, luttant contre, d'une part, la frustration de voir l'autre élève partir, d'autre part, l'indifférence de le voir s'en aller. J'étais furieux qu'il respire encore alors que ma mère était considérée comme morte et enterrée. Mais d'un autre côté, j'étais fatigué d'être si en colère et si déprimé. D'être cette loque perpétuelle qui ne se comprenait pas elle-même, dont les idées, les envies, les pensées se bousculaient et se réfutaient les unes des autres.

    « Dis moi ce qu'il t'arrive Lewis. »

    J'inspirais profondément. Je savais bien autant que Cohnaan que celui-ci souffrait. Que la vie n'était pas aussi rose qu'il pouvait le laisser transparaître dans son attitude lorsqu'il enseignait, ou qu'il était dans la Grande salle à partager son repas avec ses collègues. Je percevais qu'il était affligé, en quelque sorte, d'avoir dû stopper ce genre d'événement, d'avoir dû faire la loi alors que son cadet devenait trop violent. Probablement le décevais-je, d'une certaine manière. Probablement méritait-il de savoir ce qu'il m'arrivait, si encore je pouvais réussir à lui expliquer sans qu'il me prenne pour un fou. Sans que je me prenne moi-même pour un dingue. Je déglutissais, le ton de Cohnaan me touchant bien plus que je l'aurais aimé. Je n'aimais pas l'entendre comme ça. Je haïssais le savoir mal.

    Je n'esquissais néanmoins pas le moindre mouvement, à l'image de n'importe quelle statue du château. J'avais peur, en quelque sorte, qu'il me rejette si je lui explique absolument tout. Si je lui confie le bien et le mal des derniers mois, des dernières années. Me considérerait-il toujours comme son frère, après tout cela ? Pourtant, je n'avais pas envie de disparaître, de partir une nouvelle fois et me refermer sur moi-même. Autant je n'avais pas envie de tout lui dire, je n'avais pas envie non plus de le laisser derrière moi et retrouver ma solitude austère. Tout finissait par se mélanger dans ma tête, le bon du pire, les questions des doutes, les découvertes des secrets. Toutes les manières que j'avais eu de voir les choses, positives ou négatives. Comme si je revivais ma vie en pensées, cérébralement. Et au final, ça me rendait encore plus dingue. J'avais envie que tout cela se taise, que je reste en paix, que je sois quelqu'un d'autre, presque. Je finissais par ne plus m'endurer, endurer cette personne et ses réflexions trop intenses, trop recherchées, trop développées. Ma respiration se saccada, devenant de plus en plus difficile à normaliser, alors que cet acte était censé être si banal. Et bientôt, ce fut le tour de ma vue de me faire défaut, s'embrouillant, s'embuant. Le silence commençait à être de plus en plus difficile à conserver de mon côté, de plus en plus pesant.

    « J'ai besoin de comprendre. »

    Je clignais quelques fois des yeux, grimaçant, essayant de retenir les larmes qui inondaient mes yeux. Mais pour une fois, elles triomphaient sur mon self-contrôle, une des leurs roulant sur ma joue, dessinant un chemin qui luisait au rayon du soleil. Sa jumelle l'imita, et bien vite, ce devient évident qu'une marche arrière était impossible. Je reniflais le plus silencieusement possible, ce qui se définit aussi aisée que faire manger une pomme à un sombral et me décidais enfin à bouger, amenant un de mes bras à mon visage, essuyant d'un revers les premières larmes sur mes joues, bien que les prochaines réitéreraient vite les mêmes dégâts. Je finissais par prendre une large inspiration, essayant de calmer mon cœur qui battait aussi fort que si j'avais fait le tour du château en courant à plusieurs reprises sans m'arrêter, me retournant vers Cohnaan. Avait-il vraiment besoin de comprendre ça ? Dans tous les cas, je ne pouvais l'ignorer plus longtemps. C'était mon frère, je lui donnerais n'importe quoi pour l'amour que je nourrissais à son égard. Même ça.

    « Je suis désolé »

    Articulais-je enfin, osant pour une des rares fois depuis les dernières années de le regarder droit dans les yeux, bien que je n'étais pas fier de l'image que je pouvais rejeter de moi-même dans cet état présentement. Mais surtout, j'étais réellement navré de lui causer ce genre de tort. D'être celui que j'étais pour lui et d'agir comme un élément des plus désastreux. Je consentirais à lui raconter ce qu'il désirait, ce qu'il avait besoin de comprendre. Mais avant tout, je tenais à ce qu'il sache que j'étais sincèrement désolé. J'essuyais d'un revers les nouvelles larmes qui avaient remplacées les précédentes et répétais, espérant qu'il accepte mes excuses, qu'il me pardonne :

    « Je suis désolé de te faire du mal... Je suis désolé. Vraiment désolé. »

    Je ne quittais son regard, recherchant un quelconque soutien, ou tout simplement guettant une réaction. Devant son absence d'actions, je finissais par baisser les yeux, reniflant de nouveau, laissant simplement les larmes se succéder. Larmes qui n'étaient pas réapparues depuis la soirée où j'avais apprit l'accident mortel de notre mère.


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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Mar 10 Mai - 8:50


Le départ de l'autre élève, et mes dernières paroles, furent les derniers bruits qui régnèrent dans le couloir pour un bon moment. En effet, mes phrases laissèrent place au silence, et surtout à une sorte d'hésitation de la part de mon petit frère. Je ne savais plus ce que je devais dire, ni ce que je devais faire. Je me sentais atrocement inutile, et surtout maladroit, dans ma manière de m'y prendre. Qui étais-je pour lui demander de m'expliquer ce qui n'allait pas? Son frère presque étranger à sa vie? Son professeur? Qui étais-je pour lui? Je ne savais plus à présent. Je mettais les pieds dans le plat, je ne savais pas comment m'y prendre. Mais il était mon frère, ma famille, l'une des choses les plus importantes dans ma vie, comment avais-je pu laisser les choses prendre un tournant pareil. D'accord, certaines choses tournent mal dans la vie, certaines relations prennent des tournures parfaitement horribles. Mais nous deux? Non, je refusais de laisser ça arrive. Lewis et moi-même, c'était une histoire qui n'avait pas de fin, un histoire que nul ne pouvait briser. Je me souvenais, encore aujourd'hui, du petit garçon effrayé du noir qui venait rejoindre son grand frère protecteur dans son lit pour une séance de câlins rassurants, fraternels. Étaient-ils parti à jamais ces deux là? Pour moi, non. Je le savais, parce que, en cet instant, la seule chose dont j'avais envie, c'était de protéger mon petit frère, en le serrant très fort dans mes bras, pour lui dire que tout allait bien se passer, que tout allait s'arranger. Même si je ne savais absolument pas de quoi l'avenir allait être fait, c'était mon devoir de le rassurer, de le faire se sentir mieux. Pourquoi cette distance semblait-elle infranchissable?

Sincèrement, je m'en fichais pas mal de ce gamin qu'il venait d'agresser. Au fond, il l'avait surement mérité, Lewis n'était pas le genre de garçon à s'énerver pour un rien -enfin, dans mes vagues souvenirs. La seule chose qui traversait mon esprit, c'était la manière dont les choses avaient tourné entre nous deux. Je regardais en arrière, et je me disais qu'on était bien plus heureux avant. Qu'est-ce qui avait changé? La mort de notre mère nous avait-elle séparé? Aucune idée. Peut-être bien. Je remarquais qu'il avait drôlement changé, et qu'il était de plus en plus renfermé sur lui même. De toute évidence, quelque chose le tracassait.. Mais cette violence, et cette haine qu'il renfermait dans son corps frêle, ce n'était pas lui, ce n'était pas le Lewis que je connaissais. Je culpabilisais attrocement. Avais-je fait quelque chose de mal? Peut-être que tout cela était ma faute. Je m'en voulais, sans vraiment savoir pourquoi... J'avais peur d'avoir loupé des étapes, et de m'être perdu en chemin. Comment n'avais-je pas vu ce que mon frère devenait? Comment avais-je pu le laisser mettre tant de distance entre nous? Comment en étions-nous arrivés là?

Y avait-il un moyen de remédier à cette situation? Je souhaitais alors de tout mon coeur qu'il y en ai un. Vous savez, Lewis, c'était l'une des pièces maîtresses de ma vie. En ce moment, et depuis pas mal de temps déjà, ces pièces, formant un puzzle me permettant de survivre dans ce monde, commençaient à s’effriter, emportant avec elles une partie de moi. J'avais déjà perdu ma mère, qui était elle l'une des pièces les plus importantes, et maintenant, je m’apprêtais à perdre Lewis? Hors de question! Jamais je ne pourrais laisser faire ça. Lewis, c'était une partie de moi-même, je n'avais nullement l'intention de le laisser s’effondrer, et je ne voulais plus qu'il soit livré à lui-même, comme il l'avait tant été par le passé... Au fond, je sous-estimais peut-être l'ampleur que la perte de notre mère avait pris dans sa vie. Il était vrai que la mort de ma mère m'avait totalement dévasté, et sans l'aide de ma famille, j'en serais certainement mort, tant elle avait été une présence indispensable dans ma vie.. Il ne se passait pas un jour sans que ma mère me manque, je pensais à elle en permanence, à chaque étape de ma vie. Pourtant, avec Lewis, on ne parlait jamais vraiment d'elle, comme si elle était un sujet tabou, la seule chose à ne pas aborder dans une conversation.. Étais-je cela qui nous avait séparé? Certainement. Au fond, je n'étais pas tellement sur que Lewis soit complètement parvenu à se remettre du "départ" de notre mère. Tout était ma faute, j'en étais certain. Si j'avais été plus présent... Si j'étais intervenu plus tôt pour lui... Peut-être se sentirait-il mieux, peut-être serait-il plus heureux de vivre.. Et peut-être ne serions-nous pas immobiles, face à face, comme deux étrangers, le fantôme des deux gamins que nous avions été flottant autour de nous, comme s'ils souhaitaient nous narguer.

Je suis désolé.. Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Quand à moi, je sentais ma gorge se serrer, et mon corps se mit à trembler. Je sentais également ma nuque qui frissonnait, ce qui arrivait souvent lorsque j'étais sujet à des émotions intenses. Cette discussion avait des années de retard.. Nous aurions peut-être du nous y prendre avant, au lieu de laisser le temps filer entre nos doigts, incapables d'y faire quoi que ce soit.. Vous n'avez pas idée combien j'avais mal de le voir souffrir comme ça. Et le pire, dans cette histoire, c'était que je n'avais pas la moindre idée d'où venait ce mal être. Me sentant inutile, je restais immobile, le regardant dans les yeux, sentant mon corps réagir à la peine qu'éprouvait Lewis. Je regardais ces nombreuses larmes couler sur ses joues. Il avait toujours été très émotif, mais cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas vu pleurer. Peut-être bien depuis la mort de notre mère... Oui, certainement.

Je suis désolé de te faire du mal... Je suis désolé. Vraiment désolé. Mais pourquoi tenait-il tant à se faire pardonner? Dans cette histoire, j'avais autant de torts que lui, si ce n'est plus. Incapable de réfléchir, et de bouger, je ne savais pas ce que je devais faire, ou dire. Je le vis baisser les yeux, reniflant à nouveau. Il n'essayait pas de lutter contre les larmes, ce qui était honorable de sa part. Je sentais, au fond, que ça lui faisait du bien d'exprimer ses sentiments, lui qui était si réservé, même si les circonstances n'étaient pas réellement idéales.. Sortant de mon immobilité, j'avançais de deux pas, réduisant la distance physique entre nous deux. Il était à quelques centimètres de moi à présent, et je pouvais voir en détail les larmes couler le long de ses joues pâles. Je sentais, à mon tour, que des larmes commençaient à me brouiller la vue. Essuyant d'un revers de manche cette humidité émotionnelle non désirée, j'essayais de rester fort, pour lui, mais surtout pour moi-même. Je devais nous sortir de là.  Tu n'as rien à te faire pardonner. lui dis-je avec douceur, d'une voix que je voulais rassurante, et qui pourtant portait un certain manque d'assurance, dû à l'état émotionnel auquel j'étais sujet. Je n'avais qu'une seule envie; qu'il me saute dans les bras. Je voulais retrouver mon Lewis adoré, le gamin que j'avais vu grandir, celui qui m'avait rendu plus fort..  C'est à moi d'être désolé. J'ai l'impression d'avoir manqué des tas de choses, de prendre le train en marche.. C'est ma faute. Je ne comprend pas ce qui nous arrive.. Dans le timbre de ma voix, on ressentait tous ces remords, toute cette tristesse, et surtout, toute cette nostalgie. Je voulais tout effacer, tout recommencer, revenir en arrière...

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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Sam 28 Mai - 11:10

    C'était comme si j'avais de nouveau sept ans, comme si je revivais l'été du décès de ma mère. Je redevenais cet enfant totalement perdu, anéanti, et dont l'absence de but rendait misérable. Je pense que n'importe qui peut vivre sans « but », sans « rêves » à temps plein, j'ai toujours imaginé que la vie n'était pas forcément une ambition à aspirer à une acquisition morale ou matérielle. Et peu de temps après, j'ai découvert qu'un but servait surtout à combler un vide. A donner un sens à sa vie. A ne pas se sentir si inutile parmi l'humanité, des milliers et des milliers de soi-même que l'on estime même meilleurs que sa propre personne, soit dit en passant. On s'afflige des responsabilités pour ne pas se sentir seul, on travaille d'arrache-pied pour récupérer des récompenses qui nous rendent un peu plus spécial. On lutte contre ce vide, cette malédiction qui nous retombe dessus dès qu'on baisse notre garde, dès qu'on veut se réfugier dans la passivité. Un vide qui nous est insupportable et à la fois indescriptible. Un vide qui nous effraie, tant qu'il nous motive à porter des masques, à nous rediriger vers d'autres actions, à essayer de trouver n'importe quoi pour le combler, à n'importe quel prix.

    Je haïssais cette sensation. J'avais beau être un garçonnet solitaire, muet, lorsque cette émotion me submergeait, j'étais réellement apeuré. C'était comme si le monde autour de moi s'écroulait, comme si je ne reconnaissais plus rien de ce qui m'entourait, que j'étais dans un pays, dans une pièce totalement étrangère, et que je ne savais plus ce qu'il fallait que je fasse, ce qu'il allait advenir de moi. Comme si mon destin mourrait devant moi, comme si je perdais quelque chose d'indescriptible à tout jamais, mais que je refusais de perdre, bien que j'ignorais de quoi elle fut faite. Mais j'avais un antidote contre ses moments-là : Cohnaan. Même en ne faisant rien, en étant simplement là, il avait ce pouvoir sur moi, cette force de chasser ces sentiments, ces peurs, ces démons. Il était mon héros, et pour rien au monde je n'aurais voulu le perdre, m'éloigner de lui.

    Mais même lui ne pouvait rien faire contre le sentiment de mal-être qui s'était installé en moi dès que j'eus réalisé que ma génitrice était partie pour de bon. Que je n'allais pas pouvoir franchir le seuil de sa maison pour croiser simplement son regard, qu'il était maintenant impossible d'entendre le son de sa voix, que toutes les petites choses si anodines étaient définitivement terminées. Que sa perte avait arraché ce qui semblait être une partie de mon âme, laissant un trou béant qui était chaque jour douloureux. J'avais essayé de le combler d'illusions. Je m'étais dit que la magie la ferait revivre, qu'il y avait bien un sortilège capable de ressusciter les morts pour de bon, qu'il y avait bien une solution pour aller mieux. Je n'aurais jamais imaginé que la véritable réponse à ce mal était d'accepter son départ, de faire mon deuil. Il était probablement plus aisé pour moi de me dire que lutter pour la faire revenir pendant dix ans était moins désagréable, qu'avec ce but je saurais pourquoi affronter un autre jour, pourquoi le soleil se lève encore et me couve de ses rayons.

    Et me voilà presque dix ans plus tard. Dix ans de lutte acharné, d'études infinies. Je connaissais probablement la magie plus que n'importe qui, son histoire, ses recoins sombres. Tout. Et malgré le nombres incalculables de grimoires, de recueils, de livre, de carnets que j'avais lu, que j'avais étudié, rien ne pouvait ramener quelqu'un à la vie. Il y avait bien des fabulations, des légendes, mais même elles semblaient vaines. Le sort de ma mère était scellé, et en conclusion, cela faisait des dix dernières années de ma vie des années où cet énorme vide s'était agrandit, et que maintenant, il était devenu si important, que j'ignorais même comment le faire disparaître. Par quel stratagème je pourrais finir par le combler, par ne plus être cet adolescent continuellement dévoré par la peine et par le manque.

    Alors je me focalisais sur les derniers mois, les derniers moments. Ceux où j'avais été si désespéré que j'avais commis des actes que jamais je n'aurais pensé pouvoir effectué. J'ignorais même si un jour je les avouerais à Cohnaan, j'ignorais même si un jour je voudrais les prononcer à voix haute, m'annoncer coupable d'affaires déjà classées à Poudlard. Tout ce que je savais, c'est que la culpabilité me rongeait présentement, et que je préférais me focaliser sur ce sentiment si médiocre que sur la montagne de ressentiment qui m'attendait derrière. Que je préférais donner de l'importance à quelque chose que je me savais capable de surmonter plutôt que de le surmonter maintenant et me retrouver à devoir gérer quelque chose d'ingérable, quelque chose qui me pétrifiait de peur rien qu'à l'imaginer.

    C'est ainsi que je me retrouvais à demander pardon à mon frère. A vouloir m'excuser de toute cette culpabilité, de tout ce que j'avais fait bien que je n'en disais plus. Que j'essayais de faire passer ce message que je ne comprenais pas moi-même. Cette sorte d'appel à l'aide, de s.o.s contre ce vide. Je ne voulais pas me retrouver seul face à ce monstre du passé qui me pourchassait depuis des années. Je ne voulais plus être seul. Je voulais simplement qu'il me promette d'être là, que quand j'irais le chercher, il serait toujours le grand frère qui ne m'a jamais envoyé balader et qui m'a toujours fait passé avant toute chose. Que je n'avais pas perdu le héros que j'avais délaissé pour échouer dans ma quête de ramener notre mère à la vie. J'ignorais comment je pouvais lui expliquer tout cela, alors que moi-même n'arrivait pas à comprendre, alors que je ne trouvais les mots pour définir ne serait-ce qu'un dixième de mes sentiments. J'ignorais s'il avait déjà ressenti la même chose, et s'il était parvenu à s'en sortir. Ou si Bonnie s'en était sortie. Je me contentais de répéter mes excuses, comme une machine brisée, récalcitrante, et je ne m'arrêtais seulement quand il s'avança de quelques pas, de manière à se retrouver à quelques centimètres seulement de moi. Je relevais les yeux sur mon frère, le visage inondé de larmes, alors que celui-ci semblait si fort, si résistant.

    Tu n'as rien à te faire pardonner.

    Je ne prononçais le moindre mot, gardant les yeux fixés sur son visage, laissant les larmes rouler une bonne fois pour toute sur mes joues. J'en avais marre de lutter, j'en avais marre d'avoir travaillé si fort pour rien, d'avoir tant essayé pour échouer. J'en avais marre de renoncer à l'adage qui dit que lorsqu'on veut, on peut. De devoir faire face aux exceptions de la vie, à ses fatalités et ses mauvais côtés. Qu'ils viennent tous en bloc pour rendre mon existence si infernale.

    C'est à moi d'être désolé. J'ai l'impression d'avoir manqué des tas de choses, de prendre le train en marche.. C'est ma faute. Je ne comprend pas ce qui nous arrive..

    Je restais quelques secondes immobile, les yeux rivés sur mon aîné qui s'excusait à son tour. Je n'avais pas l'impression de saisir le sens de ses paroles, c'était un peu comme s'il me parlait une autre langue, comme si j'étais devenu sourd. Bien qu'au fond, je percevais très bien sa tristesse et sa douleur. Je fermais les yeux quelques secondes, tentais d'inspirer profondément entre deux sanglots et finis par réduire à néant ces fichus centimètres qui me séparait de Cohnaan pour le serrer dans mes bras. J'essayais de calmer ma respiration, de retrouver un rythme cardiaque plus supportable mais d'un autre côté, je ne pouvais m'empêcher de penser au passé, à tout ce que j'avais perdu. A la manière avec laquelle je m'étais leurré et que je m'étais écrasé en beauté. D'une voix tremblante, je prononçais finalement :

    « Je voulais pas... Mais... Je pensais juste... Je... Voulais arranger... les choses. »

    J'inspirais, tentant de reprendre mon souffle, mon corps devenant de plus en plus dur à contrôler sous le poids de la peine. Mais d'une certaine manière, j'étais déterminé à vider mon sac, à ne pas essayer de régler ce problème seul, pour une fois. Peut-être cela me porterait davantage chance. Peut-être que cela aiderait aussi Cohnaan à comprendre. Peut-être que cela serait bénéfique. Peut-être que tenter le coup valait la peine. J'avouais ainsi :

    « Je voulais que la magie arrange les choses. »

    Déterminé à ne pas déserrer mon étreinte, je me contentais de fermer les yeux, ne sentant néanmoins pas Cohnaan vouloir établir un quelconque mouvement de recul ou autre. Comme s'il était prêt à entendre davantage. Comme si je faisais le bon choix en lui racontant mes dernières dix années.

    « Mais elle ne peut pas. J'ai cherché pendant dix ans. Et elle ne peut pas. »

    J'attendais quelques secondes qui s'avérèrent silencieuses. Puis, je questionnais dans un souffle frôlant l'inaudible :

    « Qu'est-ce que je peux faire, maintenant ? »

    J'inspirais, détachant finalement mon étreinte de mon frère, ne le quittant néanmoins pas du regard.
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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Jeu 2 Juin - 23:57

Les sentiments se bousculaient, un par un, dans mon esprit, dans mon corps tout entier. La peur. Cette peur indéfinissable, qui me poussait à craindre, que tôt ou tard, j'allais perdre mon petit frère, qui demeurait un piller essentiel dans ma vie. Sans lui, je n'étais plus moi-même. Il n'y avait plus aucune raison que j'existe. Alors cette peur horrible, je ne pouvais pas la réfréner. Elle rythmait mes pas, elle définissait mes mots. Je ne pouvais pas me permettre de faire un faux pas, non. Cela aurait été un désastre. La culpabilité. Je me sentais incroyablement idiot, et coupable d'avoir laissé passer autant de temps pour avoir une explication de ce genre avec lui. Peut-être, si je m'y étais pris un peu plus tôt, les dégâts auraient-il été limités? J'avais la sensation que, oui, effectivement, le temps aurait aidé à arranger les choses. Seulement, j'étais là, presque dix ans après la mort de notre mère, à lui demander des explications quand à son états. Avais-je été aussi idiot pour ne pas remarquer? Ou pensais-je que ça allait s'arranger tout seul? Franchement, je n'avais aucunes réponses. J'aurais dû m'en préoccuper avant. Oui, bien avant. Mais, que voulez-vous, j'étais un triste idiot, pensant que ma mère était un sujet tabou, vu la réaction que mon petit frère avait eut lors d'un dîner après la mort de notre mère... Moi-même, je n'avais pas très bien encaissé cette nouvelle, en brisant tout ce qui me tombait sous la main dans ma misérable chambre. Tabou? Ça n'aurait pas dû l'être... La tristesse. Mine de rien, Lewis était très semblable à notre mère. Physiquement. Ses yeux étaient exactement les mêmes. En le regardant, je pensais à elle, toujours. Alors, bien enfoui au fond de moi, un sentiment de tristesse explosait, comme du verre brisé en mille morceau. Ce verre se révélait être mon coeur, qui subissait trop de pression, trop de culpabilité. Notre mère... Était-il trop tard pour en parler, pour arranger enfin les choses, le faire se sentir mieux, le faire faire son deuil? Aucune idée. Car, il était clair qu'il n'avait toujours pas réussi à le faire, ce deuil. Je le sentais. Il m'avait été très difficile de le faire, moi aussi. Mais je pensais avoir surmonté ça, bien qu'il m'arrivait d'écrire, chaque jour, une lettre à ma mère, comme pour garder une sorte de communication avec elle, même si elle avait rejoint l'autre monde, à tout jamais.

La honte. Honte de quoi? Honte de n'être qu'un pitoyable cachottier, qui a nuit à notre famille. Toute cette histoire avec Maïa... Cela ternissait mon honneur, mes objectifs. Mais, pire que tout, cela ternissait la relation que je pourrais avoir avec Lewis. Que penserait-il de moi, si je lui avouais alors la relation que j'avais entretenu avec sa demi-soeur cet été?! Il serait choqué. Déçu. Il ne pourrait plus m'aimer après ça. Tout comme Bonnie, Lily, mon père, ma belle mère... Personne ne m'aimerait plus. Et, même Maïa finirait par laisser cette obsession de ma personne qu'elle nourrit au fond d'elle, pour me haïr. Ma famille se retournerait contre moi. Ils me laisseraient en plan, moi, le misérable idiot ayant fait des choses atroces. Alors, oui, j'avais honte, terriblement honte. Je ne pouvais pas lui dire. Je devais résister à Maïa. Je devais à penser à notre famille, plutôt qu'à mon coeur, qui lui, se prononçait clairement pour une relation avec Maïa. Parce que, malgré tous les interdits, et cette honte, je l'aimais. Plus que tout. Plus que jamais... Mais il me fallait penser à mon Lewis, rien que lui, en et instant. Alors, majoritairement, l'amour. Il était toujours là, présent plus que tout. Je savais qu'il ne s'évanouirait jamais, qu'il guiderait mes pas jusqu'à ma mort. Et, là, en cet instant, je savais que j'aimais mon petit frère, et j'avais une sensation jamais ressentie auparavant. Je me sentais alors invincible. Je savais que, épaulé par mes sentiments, je pourrais faire tout ce qui était en pouvoir pour arranger les choses. Et cette sensation me disait que je pouvais le faire, que le destin ne s'opposerait pas à mes efforts.

Je pouvais le faire. Il me suffisait juste de laisser exploser ce courage, pour en faire usage, et n'avoir peur de rien devant Lewis, ne plus me sentir coupable, ne plus être submergé par la tristesse, par la honte, mais plutôt laisser l'amour prendre le dessus. C'était primordial. Pendant que je me questionnais quand à mon comportement futur, Lewis, lui, ne parvenait pas à se débarrasser de ses larmes. Il ferma les yeux, respira profondément, après que je lui ai parlé, puis il brisa la distance encore présente entre nous deux, pour venir me serrer dans ses bras. Fermant les yeux à mon tour, j'appréciais la douceur de cette étreinte, et je m’efforçais de retenir les larmes qui pourtant s'obstinaient tout de même à rouler le long de mes joues. Incapable de faire autrement, j'éclatais en sanglots à mon tour, trouvant refuge dans les bras de bon petit frère, que je serrais, comme si ma vie en dépendait. Je voulais pas... Mais... Je pensais juste... Je... Voulais arranger... les choses. commença t-il d'une voix tremblante, secouée par des sanglots qu'il ne parvenait pas à réfréner. Je ne saisissais pas bien le sens de ses paroles, pourtant, tout devint plus clair ensuite, lorsqu'il parla à nouveau. Je voulais que la magie arrange les choses.  J'avais l'impression que mon coeur allait arrêter de battre. Je comprenais enfin le sens de ses mots. Tout se rapportait à maman. Tout s'était toujours rapporté à elle d'ailleurs. Avait-il pensé que la magie la ramènerait à la vie?! S'était-il torturé avec cette idée, au point de mettre sa santé en danger? Car il était clair que Lewis n'allait pas pour le mieux, en ce moment. Je laissais mon frère continuer de parler, tandis que des tas d'idées me venaient en tête. Je voulais savoir. Tout savoir. Mais elle ne peut pas. J'ai cherché pendant dix ans. Et elle ne peut pas.  Mes craintes étaient fondées. Il s'était réellement torturé avec cette histoire pendant cette histoire, bien plus que moi, bien plus que quiconque...  Qu'est-ce que je peux faire, maintenant ? souffla t-il dans un murmure presque inaudible, ne se séparant pas de ses larmes, et rompant notre étreinte, pour me regarder droit dans les yeux, qui eux aussi, étaient baignés de larmes.

 Tu... Pendant tout ce temps? Tu te torturais avec ça?... J'avais peur de parler trop fort, comme si, au fond, si je le disais à haute voix, tout cela serait vrai, qu'il n'y aurait pas de retour en arrière. J'aurais du être conscient, moi plus que les autres, qu'aucun retour en arrière n'était possible. Jamais. Aucun retour en arrière pour effacer la mort de notre mère. Aucun retour en arrière pour effacer les tensions survenues avec mon père, ces années perdues à se disputer. Aucun retour en arrière pour effacer cette bêtise faite avec Maïa. Le temps était une chose très difficile à maîtriser, et personne ne devait jamais s'y frôler. Lewis avait bien dû y penser des centaines de milliers de fois, tout comme je l'avais fait. Mais lui, il y avait cru. Pendant presque dix ans, il avait corps et âme pensé qu'un retour en arrière était réalisable. Il s'était voilé la face pendant tout ses années.  Tu aurais dû venir me voir... On aurait pu en parler. Je t'aurais aidé à te sentir mieux, à t'enlever tout ça de la tête... Je franchissais le pas qui nous séparait, et, sans même y réfléchir, je posais mes mains sur ses joues, l'obligeant à ne pas détourner le regard. C'était fait avec une sorte de tendresse fraternelle, que je ne pouvais pas réfréner. Le toucher me donnait l'illusion qu'il entendait mieux ce que je disais, qu'il le comprendrait mieux, qu'il le ferait, sans poser de questions. Des illusions...

Il faut surmonter ça, compris? Tu ne seras plus jamais seul mon Loulou. Ma voix tremblait, tout comme mon corps. Mes mains étaient à présent descendues à hauteur de sa nuque, et je ne le quittais pas des yeux. J'utilisais très peu ce surnom à l'oral généralement, ou du moins, pas depuis longtemps. C'était sorti tout seul.  Je sais que c'est difficile à encaisser. Mais tu ne peux rien y faire. Il n'y a pas de retour en arrière... La seule chose que tu peux faire, c'est essayer d'oublier... dis-je, d'une voix parfaitement cassée, laissant pleinement les sanglots prendre contrôle de mon corps, de ma respiration... Pour la deuxième fois, je le pris dans mes bras. La solitude, la tristesse, la culpabilité, l'avaient rongé. Je ne voulais plus qu'il soit seul. Plus jamais!




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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt Sam 4 Juin - 3:54

« Tu... Pendant tout ce temps? Tu te torturais avec ça?... »

Je palissais, regardant fixement mon frère aîné dans les yeux. J'ignorais comment il fallait prendre sa réplique, mais dans tous les cas, il n'avait fallu seulement qu'il la prononce, que quelqu'un probablement le fasse à voix haute, pour que je me sente mal. Vraiment mal. Comme si on m'avouait franchement que j'avais été un parfait idiot, que j'avais mal agit, que tout cela n'avait servit à rien, que j'étais perdant, que je m'étais perdu. Et tout cela, pour rien. Absolument rien. J'avais voulu le faire pour ma famille comme pour moi. Mais au final, ça ne revenait à rien. Rien. Le néant, le vide, un trou noir intersidéral que j'avais causé et qui me procurait cette vertigineuse sensation d'être en chute libre désormais. Je rompais le contact visuel que j'avais soutenu avec mon frère pour regarder ailleurs. Je ne baissais pas les yeux, simplement, l'espace d'un instant, je ne voulais plus le voir. Je ne voulais pas affronter cet échec cuisant, cette perte de temps imposante dans ma vie. Je le refusais, je ne voulais pas accepter mon tort, pas tout de suite, comme je ne voulais pas accepter le fait que notre mère était partie pour de bon. Je préférais me bourrer d'illusions, et en souffrir comme je faisais là. Car au moins, la souffrance comblerait ce vide, elle le remplirait. Ce serait douloureux, mais je préférais subir cette sensation que je connaissais qu'une qui m'était méconnue.

« Tu aurais dû venir me voir... On aurait pu en parler. Je t'aurais aidé à te sentir mieux, à t'enlever tout ça de la tête... »

Je chassais les larmes de mes joues, mon visage reprenant un aspect assez calme, le regard néanmoins fixant un point invisible, comme si par cette simple action, je m'assurais de ne pas me remettre à pleurer. Je n'avais pas voulu ça. J'étais un couard, je le savais. Je fuyais la vérité, j'étais borné à la fuir, à ne pas vouloir encore et encore répéter le même schéma de la perte. J'avais assez donné. Pour une fois, je voulais que les choses se fasse comme je le voulais. Je voulais les diriger, vraiment. Je ne voulais pas subir les choix des autres parce que je n'avais pas l'autorité d'imposer les miens. Je désirais prendre ma route, le chemin que j'avais choisit pour moi, même s'il était le pire qu'on pouvait imaginer pour l'espèce humaine. Il m'étreignait et je le laissais faire, comme si j'espérais que ne pas me battre contre lui l'aiderait à aller mieux et réparerait les torts que je venais de causer dans sa vie. Encore. Je fermais les yeux, inspirant profondément, alors que Cohnaan se détachait un peu plus de moi, posant ses mains sur mes joues, comme il le faisait lorsque j'étais encore ce gamin sans gros problèmes.

« Il faut surmonter ça, compris? Tu ne seras plus jamais seul mon Loulou. »

Je le regardais, mon cœur martelant ma cage thoracique. J'aurais aimé y croire. Je voulais croire que je ne serais plus seul dans tout cela, mais j'ignorais si c'était vraiment possible. J'avais confiance en mon frère, mais je ne l'avais pas en l'humanité. Ce qui ajoutait un facteur non négligeable à cette foutue équation de douleur. « Surmonter ça », j'ignorais s'il parlait de mon désir intense de la faire revenir ou simplement du fait qu'elle soit partie et que je doive me sortir cette idée folle de la tête. Silencieux, je me contentais de l'observer, je ne savais plus quoi faire d'autre. Pour le coup, je préférais presque rester comme cela encore des années. Juste à cette instant précis, où je ne ressentais plus rien parce que je ressentais trop, paradoxalement. Que ce mélange de fortes sensations étaient trop brouillon pour que j'en interprète ne serait-ce qu'une seule et qu'elle me blesse considérablement. Je sentais ses mains glisser de mes joues pour se presser contre ma nuque.

« Je sais que c'est difficile à encaisser. Mais tu ne peux rien y faire. Il n'y a pas de retour en arrière... La seule chose que tu peux faire, c'est essayer d'oublier... »

Je clignais des yeux, redescendant un peu plus sur Terre. J'hésitais quelques secondes, j'ignorais l'impact de ce que je m'apprêtais à dire, ce que je souhaitais répliquer à cela, à son aide. La façon dont j'allais peut-être l'envoyer balader alors que ce n'était pas le cas. Je ne voulais pas rejeter mon frère, mais je ne voulais pas non plus la rejeter. Je ne voulais pas effectuer ce choix, je ne le pouvais pas. Elle était en moi, elle faisait partie de moi. Je me plaisais à la croire encore dans mon cœur, naviguant entre mes veines, la faire vivre à travers chacun des trois Callahan issus de sa chair et de son sang. Je ne pouvais pas oublier tout cela. Je ne pourrais jamais oublier ce que j'avais voulu faire pendant toutes ces années et l'importance qu'elle avait eue. Je ne pourrais jamais oublier l'accident, cette soirée à table où mes nerfs avaient souverainement lâché. Je ne pouvais pas oublier toutes les soirées qui s'en étaient suivit, tous les souvenirs qui avaient précédé son décès. Pire, j'avais peur de les oublier. J'avais peur de la perdre à cause du Temps qui soit disant, guérissait tout. J'avais peur qu'au fil des ans, je perde tout ce que j'avais déjà perdu : le son de sa voix, son parfum, ses tics. J'avais peur qu'il ne reste d'elle qu'une image immobile dans mon esprit, pâle, inutile, et que rien ni personne ne puisse la sauver, ne puisse lui rendre vie. J'avais peur qu'elle devienne qu'un pâle fantôme dans mes rêves, un dos général, une ombre grossière. L'évidence était que je pouvais l'oublier, mais que je redoutais ce moment, car je ne saurais comment réagir lorsque je ne saurais plus qui était ma mère, qui était cette personne qui me rendait mal aujourd'hui et qui m'avait fait me battre autant dans ma vie. J'avouais finalement, ne quittant du regard les yeux de mon aîné :

« Je ne veux pas l'oublier, Co'. »

Ma voix avait été douce, bien qu'elle s'était cassée sur la deuxième syllabe de mon verbe. J'espérais qu'il avait saisit ma phrase, et qu'il comprendrait, d'une certaine manière, ce que j'essayais de lui expliquer dans ces quelques mots, dans mon regard plein d'expressions. Tous mes doutes, toutes mes craintes face à son souvenir et sa possible perte. Tout ce à quoi je ne pouvais m'empêcher de penser, quotidiennement. Finalement, pour ce qui devait être la première fois de ma vie, je lui demandais quelque chose qui me tenait à cœur et qui la concernait :

« Parle-moi d'elle, s'il-te-plaît, Co'. »
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MessageSujet: Re: cohnaan&lewis • this life is filled with hurt

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cohnaan&lewis • this life is filled with hurt

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